27/09/2018

Attention à ne pas céder aux sirènes vertes

transports,mobilité,genève,trafic,traversée du lac,léman express,lmceUn nouveau magistrat PDC aux transports, mais un style différent de son prédécesseur. Reflet sans doute de la personnalité du nouveau ministre, mais aussi – peut-être – d’un gouvernement plus rose et vert que le précédent.

Pour la présentation de sa feuille de route, Serge Dal Busco s'est montré déterminé à appliquer les récentes lois votées par le peuple genevois. Il s’agit en l’occurrence de la Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE) et de celle sur la mobilité douce. Si le nouveau magistrat veut accélérer la mise en œuvre des projets qui mettent l’accent sur les transports publics et la mobilité douce, il n’a dit mot de la traversée du lac, que le peuple a également votée il y a deux ans. Certes, ce projet de longue haleine dépasse par sa temporalité le cadre de la législature 2018-2023. Mais l’absence de référence à cette infrastructure tant dans la feuille de route que dans le discours de St-Pierre dénote un manque de volonté politique : cela ne va pas aider notre canton à obtenir le soutien de la Confédération.

Peu importe que la traversée du lac se réalise à l’horizon 2040 et non 2030 (le Léman Express aura mis plus d’un siècle à se construire). On attend des autorités qu’elles fassent autre chose que de traîner les pieds, quand on sait ce que démontrent les études mandatées par l’administration cantonale. A savoir que l’évolution démographique, la demande de déplacements et les nouveaux modes de transport forceront le canton à boucler son périphérique autoroutier. Accessoirement, rappelons que la traversée du lac et la mise en œuvre de la nouvelle loi sur la mobilité sont liées. Négliger ce lien risque de susciter pas mal de blocages, non seulement au sein des milieux économiques routiers, mais aussi dans la population qui ne vit pas dans le centre de Genève.

Le magistrat a raison quand il parle de la mobilité comme d’une condition cadre qui doit revenir un élément fondamental de notre qualité de vie et de l’attractivité de notre région. Il a également raison quand il déclare que le trafic professionnel circulera mieux si la circulation est moins dense. Par contre, il serait bien inspiré de ne pas trop s’enthousiasmer pour des projets d’impôt sur les places de parking ou de vignette écologique, dont même les partisans savent pertinemment qu’elle ne servira à rien. Les milieux économiques ont ardemment soutenu le Léman Express, de même que la quasi-totalité des projets de transport publics. Ils ont approuvé le plan d’action de la mobilité douce. Ils examineront point par point chaque mesure de la feuille de route 2018-2023 dans l’intérêt des entrepreneurs et de leurs collaborateurs.

09/05/2016

Traversée du lac : bouclons la boucle

traversée du lac, mobilité, circulation, transports,trafic, bouchons, IN 157, votations, embouteillages, Aux côtés de la quasi-totalité des partis politiques, les associations économiques genevoises sont mobilisées comme jamais en faveur de la Traversée du lac, qui sera soumise au vote dans un mois (IN 157 – OUI à la Grande Traversée du Lac). L’engagement des entrepreneurs sur le terrain doit être massif car, le 5 juin, le sort d’un des plus grands projets d’infrastructure de Genève sera scellé. La grande Traversée du Lac est capitale pour que la circulation à Genève ne soit plus un cauchemar pour les professionnels. Plus encore, elle améliorera la qualité de vie de l’ensemble des Genevois.

Les entreprises perdent chaque année des milliers d’heures dans les embouteillages au détriment de leur rentabilité, de leurs employés toujours plus stressés et des clients qui voient la facturation des déplacements s’envoler. En complément du prochain élargissement de l’autoroute de contournement, la Traversée du Lac permettra de boucler le périphérique autoroutier et donc de sortir du centre les véhicules qui ne font qu’y transiter. La durée des déplacements entre les deux rives sera fortement réduite ; on gagnera ainsi au moins 30 minutes pour aller d’Hermance à Coppet. Aux heures de pointe, les gains de temps seront encore plus importants.

En termes de circulation, les avantages du bouclement autoroutier sont évidents. Mais l’enjeu du 5 juin va au-delà. En effet, canaliser le trafic sur la ceinture autoroutière libérera de la voirie au centre du canton, ce qui permettra de rendre les transports publics plus rapides, de réaménager de l’espace en faveur de la mobilité douce et de créer de nouveaux espaces publics. L’initiative 157 en fait même une exigence, tout comme elle prévoit que l’Etat s’appuie sur cet ouvrage pour aménager les rives en concertation avec les communes.

Développer l’ensemble des modes de transports est une nécessité vitale pour Genève, car la demande de déplacement continuera à augmenter (+ 22% d’ici à 2030). Nous devons prendre aujourd’hui nos responsabilités pour ne pas laisser à la génération qui nous suivra un canton paralysé par les embouteillages.

23/02/2016

Traversée du Lac : pour une mobilité plurielle

Le 28 janvier dernier, le Grand Conseil a approuvé l’initiative populaire « oui à la grande traversée du lac » et les Genevois se prononceront le 5 juin prochain sur ce sujet. Le débat parlementaire qui a précédé l’adoption du texte et le clivage gauche-droite du vote démontrent que nombre d’élus n’ont pas encore compris qu’en matière de transports, nous sommes entrés dans l’ère de la mobilité plurielle. C’est ainsi que la traversée du lac n’est pas seulement le maillon manquant pour boucler le périphérique autoroutier, mais qu’elle s’inscrit dans une politique beaucoup plus large de mise à niveau de nos infrastructures de transports régionales. Il s’agit en effet de  tenir compte des comportements contemporains en matière de déplacements.

Le Genevois est aujourd’hui multimodal. Il est tour à tour piéton, conducteur ou passager d’un véhicule privé, usager des TPG ou des CFF, voire cycliste en fonction du motif de son déplacement, de sa destination ou de la météo. Il attend des autorités qu’elles mettent à disposition les infrastructures capables d’absorber la hausse de la demande de mobilité. Et cette hausse est impressionnante : +66% pour le nombre de voyageurs sur Unireso entre 2004 et 2012, +128% pour le nombre de cyclistes franchissant les ponts du Rhône entre 2001 et 2011, +100% pour le nombre de voyageurs entre Genève et Lausanne entre 2000 et 2010, +51% pour le nombre de véhicules franchissant le Pont d’Aigues-Vertes sur l’autoroute de contournement entre 2000 et 2012.

Depuis le début des années 1990, le canton développe ses transports collectifs ; le RER sera mis en service dans trois ans, le réseau de tramway se prolonge peu à peu, Léman 2030 améliorera la desserte ferroviaire de toute la région. Le réseau cyclable grandit lui aussi.

Mais ni les transports collectifs ni la mobilité douce ne pourront absorber l’intégralité de l’augmentation de la mobilité consécutive à notre essor démographique et économique, à l’évolution de nos modes de vie et de nos habitudes de mobilité. Les transports individuels motorisés continueront à répondre à une partie considérable des besoins. Selon les chiffres officiels, 99,4% du réseau routier de 2025 existe déjà, et il ne reste que 24 km de réseau à construire, 10 km de routes cantonales (route des Nations, route d’accès Mon Idée-Communaux d’Ambilly, route de Montfleury, route d’accès de Bernex Nord, contournement de Perly, liaison Genève Sud) et 14 km d’autoroute (Traversée du Lac).

Ces 14 km d’autoroutes ne sont qu’un maillon des infrastructures de transport genevoises, mais ce maillon est indispensable à la mise en œuvre d’une stratégie multimodale, qui améliorera la qualité de vie des Genevois, tant pour les individus que pour les entreprises. L’autoroute de contournement actuelle nous semble aujourd’hui une évidence alors que le combat fut rude en 1980 avant le vote populaire ; nous devrions être reconnaissants à ceux qui ont rendu ce projet possible. Aujourd’hui, c’est notre tour de nous montrer courageux et visionnaires parce que, demain, la Traversée du Lac sera une évidence.

Pour avoir une vision d’ensemble, au niveau de la région, le schéma de cohérence lémanique des transports met en perspective à l'horizon 2030 l'ensemble des projets de transports et études en cours portés par les collectivités suisses et françaises du bassin lémanique. Celui-ci peut être consulté sur le site www.conseilduleman.org, sous actions/transport-communication, sélectionner « Mise à jour 2015 ».