03/07/2013

Taxis et instants magiques

« Ne dites pas à ma mère que je suis chauffeur de taxi, elle me croit pianiste dans un b…… ».  Chauffeur de taxi, voilà bien une des professions les plus critiquées à Genève. Le Parlement est d’ailleurs saisi d’une loi dont on espère qu’elle corrigera des dysfonctionnements qu’on ne saurait nier. Pourtant, ce serait commettre une injustice que de jeter l’opprobre sur l’ensemble d’une profession, dont l’exercice n’a jamais été de tout repos.

Utilisatrice très régulière des taxis genevois, il ne m’est arrivé que deux mésaventures, inacceptables certes, mais largement compensées par tous les petits moments de vie partagés avec ces hommes et ces femmes qui transportent chaque année trois millions de passagers. En vrac. Discussions politiques, pas seulement sur la problématique des taxis. Brefs récits de vie de chauffeurs originaires d’horizons parfois lointains. Course acceptée, pour un tout petit trajet, avec un animal au bord de l’agonie. Tarif réduit sur une course rendue trop longue par un GPS affolé. Ou tout récemment encore, pour un trajet entre Lancy Pont Rouge (au départ d’un immeuble si mal signalé que le taxi était passé devant deux fois sans le voir) et Drize, où le chauffeur, pour ne pas me mettre encore plus en retard que je ne l’étais, a zigzagué sur un chantier, entre les pelleteuses mécaniques, roulant le plus près possible du lieu de ma réunion pour épargner mes talons aiguilles.

Si tout ne va pas bien dans le monde des taxis genevois, ce billet se veut aujourd’hui un hommage modeste à tous ces chauffeurs adorables croisés l’espace d’un instant et que j’espère continuer à côtoyer.

21:08 Publié dans Circulation, Humeur | Tags : taxi | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |