14/01/2019

Réseau routier : accroissements de capacité nécessaires

De tout temps, les infrastructures de transport ont été la clé du développement des villes et des pays. Aujourd’hui plus que jamais, la mobilité est essentielle aux échanges humains et commerciaux. Mais que ce soit dans les trains, les bus, les tramways ou sur les routes, les surcharges tendent à devenir chroniques.

Ainsi, le coût du temps perdu dans les embouteillages sur les autoroutes suisses est en progression constante : il a plus que doublé entre 2000 et 2014 pour atteindre 761 millions de francs. Pour l’ensemble du réseau routier, les estimations l’évaluent plus de 1,4 milliard de francs pour 2017. En l’absence de contre-mesures, près de 385 kilomètres, soit environ 20 % du réseau des routes nationales, seront régulièrement surchargés d’ici 2040. Quelque 160 kilomètres connaîtront des embouteillages ou des ralentissements deux à quatre heures chaque jour. Les grandes villes et agglomérations seront les plus touchées par ces goulets d’étranglement.

Le Conseil fédéral estime que le réseau routier et autoroutier devra être développé à l’horizon 2040 si l’on veut éviter la paralysie. C’est le sens du projet qu’il a présenté aux Chambres fédérales fin 2018, projet que les milieux économiques ne peuvent que soutenir.

Le trafic individuel motorisé assure actuellement près de trois quarts des prestations de transports de personnes et les deux tiers du transport de marchandises. Dans le futur, il demeurera le principal mode de transport. Ainsi, selon l’Office fédéral du développement territorial, les kilomètres annuels parcourus sur la route augmenteront de 25% pour le trafic voyageurs entre 2010 et 2040 pour atteindre 145 milliards de voyageurs-kilomètres. En ce qui concerne le trafic marchandises, le nombre de tonnes transportées sur la même période augmentera de 37% pour passer à 37 milliards de tonnes-kilomètres.

Dans 20 ans, la Suisse comptera, selon les démographes, quelque 10 millions de d’habitants. La demande de mobilité progressera en même temps que la population. Pour répondre à cette demande, les autorités ont la responsabilité de développer tous les modes de transport. Tout miser sur les transports publics serait insuffisant. En dépit des investissements importants consentis pour leur développement, les transports publics ferroviaires et urbains ne pourront de toute manière pas absorber cette hausse de la demande.

Il ne s’agit pas d’être pour ou contre la route. Il s’agit de disposer d’infrastructures de transport répondant aux besoins de la population et de l’économie. Le programme de développement stratégique du rail aura été mis sous toit au cours de la législature qui s’achève. C’est à présent au tour de la route.

27/09/2018

Attention à ne pas céder aux sirènes vertes

transports,mobilité,genève,trafic,traversée du lac,léman express,lmceUn nouveau magistrat PDC aux transports, mais un style différent de son prédécesseur. Reflet sans doute de la personnalité du nouveau ministre, mais aussi – peut-être – d’un gouvernement plus rose et vert que le précédent.

Pour la présentation de sa feuille de route, Serge Dal Busco s'est montré déterminé à appliquer les récentes lois votées par le peuple genevois. Il s’agit en l’occurrence de la Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE) et de celle sur la mobilité douce. Si le nouveau magistrat veut accélérer la mise en œuvre des projets qui mettent l’accent sur les transports publics et la mobilité douce, il n’a dit mot de la traversée du lac, que le peuple a également votée il y a deux ans. Certes, ce projet de longue haleine dépasse par sa temporalité le cadre de la législature 2018-2023. Mais l’absence de référence à cette infrastructure tant dans la feuille de route que dans le discours de St-Pierre dénote un manque de volonté politique : cela ne va pas aider notre canton à obtenir le soutien de la Confédération.

Peu importe que la traversée du lac se réalise à l’horizon 2040 et non 2030 (le Léman Express aura mis plus d’un siècle à se construire). On attend des autorités qu’elles fassent autre chose que de traîner les pieds, quand on sait ce que démontrent les études mandatées par l’administration cantonale. A savoir que l’évolution démographique, la demande de déplacements et les nouveaux modes de transport forceront le canton à boucler son périphérique autoroutier. Accessoirement, rappelons que la traversée du lac et la mise en œuvre de la nouvelle loi sur la mobilité sont liées. Négliger ce lien risque de susciter pas mal de blocages, non seulement au sein des milieux économiques routiers, mais aussi dans la population qui ne vit pas dans le centre de Genève.

Le magistrat a raison quand il parle de la mobilité comme d’une condition cadre qui doit revenir un élément fondamental de notre qualité de vie et de l’attractivité de notre région. Il a également raison quand il déclare que le trafic professionnel circulera mieux si la circulation est moins dense. Par contre, il serait bien inspiré de ne pas trop s’enthousiasmer pour des projets d’impôt sur les places de parking ou de vignette écologique, dont même les partisans savent pertinemment qu’elle ne servira à rien. Les milieux économiques ont ardemment soutenu le Léman Express, de même que la quasi-totalité des projets de transport publics. Ils ont approuvé le plan d’action de la mobilité douce. Ils examineront point par point chaque mesure de la feuille de route 2018-2023 dans l’intérêt des entrepreneurs et de leurs collaborateurs.

23/02/2017

Le CEVA ralenti mais pas stoppé

geneve-eaux-vives-interieur.jpgAvec CEVA et le Léman Express, Genève est en train de bâtir une infrastructure transfrontalière unique en Europe. Fruit d’une coopération franco-suisse exceptionnelle, le nouveau RER va révolutionner les habitudes de déplacement dans l’agglomération franco-valdo-genevoise. Et heureusement, car à l’horizon 2030, notre région comptera environ 1,12 million d’habitants, ce qui engendrera 4,6 millions de déplacements par jour, soit 800'000 de plus qu’en 2010. Aujourd’hui, l’avancement global du projet a atteint les 74% de sa réalisation. Le chantier a certes pris du retard, mais le projet est bien avancé et il faut garder confiance.

Le bulletin d’information trimestriel du projet CEVA nous apprend que plusieurs oppositions risquent de retarder la mise en service de l’ensemble du tracé CEVA. Les Genevois devront donc encore patienter avant de profiter, non seulement des 16 kilomètres de ligne qui relieront Cornavin à Annemasse, mais d’un réseau beaucoup plus vaste, le Léman Express, un RER qui reliera 45 gares sur 230 km de lignes.

Il est évidemment irritant qu’un projet plébiscité par 61,9% des électeurs prenne du retard à cause de quelques oppositions. Mais rien ne sert de surréagir et il faut rester confiant dans l’issue heureuse des procédures juridiques. Ces dernières oppositions ne sont de toute manière pas une surprise car conformément à la décision d’approbation des plans du projet, délivrée en 2008 par l’Office fédéral des transports, les mesures nécessaires à l’atténuation des vibrations ne pouvaient être définies qu’une fois le gros œuvre achevé, soit en 2016. Espérons simplement que le chantier ne prendra que quelques mois de retard et que les coûts supplémentaires resteront dans la limite du raisonnable. Car l’enjeu est immense pour notre région.

Genève a besoin d’un RER avec un maximum de liaisons traversantes, sans changement de train. Le futur LEMAN Express sera un formidable atout pour la mobilité. Il contribuera à délester les routes d’une circulation automobile aujourd’hui déjà très considérable aux heures de pointe. Près de 50'000 voyageurs devraient emprunter, chaque jour, la quarantaine de trains nécessaires à la desserte de l’ensemble du Léman Express.

Avec le projet de traversée du lac, l’élargissement prochain de l’autoroute de contournement et le Léman Express, Genève bâtit la colonne vertébrale d’un réseau de transport qui lui permettra de répondre aux besoins d’une économie dynamique et d’une population en croissance. Notre canton a pris le parti d’une véritable complémentarité entre la route et le rail, celle que la population appelle de ses vœux, comme en témoignent tous les récents votes populaires en matière de transport. Les oppositions à CEVA ralentiront peut-être cette marche vers l’avenir mais elles ne pourront pas la stopper.