02/04/2015

Une idée ressortie des cartons

dimanche, voiture, rade, genève, lac, circulation, mobilitéLes Verts ressortent des cartons l’idée des « dimanches sans voiture ».

Au lieu de donner envie à la population de renoncer à utiliser une automobile ou un deux-roues motorisé pour se détendre sur les quais le dimanche, les Verts veulent y interdire la circulation. Ou comment faire le bonheur des gens en restreignant leur liberté de mouvement. 

Avant que la « journée sans voiture » ne meure de sa belle mort pour cause de désintérêt général, le Grand Conseil avait largement débattu du sujet au début des années 2000. Les uns mettaient en avant l’objectif pédagogique de l’interdiction de circuler : « il faut des journées pareilles pour apprendre aux gens, petit à petit, que la voiture est un instrument au service de l’homme et pas l’inverse », déclarait un député socialiste. Les autres dénonçaient la mesure comme « un produit d’appel pour une action plus ambitieuse qui consiste à verrouiller le centre pour empêcher la circulation privée ». Quant au Conseil d’Etat, il relevait que « l’esprit de convivialité recherché ne peut contribuer au bon déroulement de l’événement si les moyens mis en œuvre ont pour résultat de dresser les uns contre les autres, en cherchant à véhiculer un message au demeurant louable par une atteinte à la liberté ou mesure ressentie comme telle ».

 

Les quais font partie du réseau primaire dont la fonction est de permettre le trafic de transit et d’assurer des déplacements fluides entre les différents secteurs du canton. Y interdire la circulation reporterait le trafic à l’intérieur des quartiers, aux Eaux-Vives, aux Pâquis, sur la rue de Lausanne jusqu’à la Coulouvrenière, voire Plainpalais. Les jours de slow-up, de marathon ou de fêtes de Genève, on ne peut pas dire que la circulation est fluide dans ces quartiers. Les habitants de ces derniers auraient-ils moins droit à la quiétude des rues que ceux du quai Gustave-Ador ou du quai Wilson ? Si les Verts avaient voulu proposer une mesure permettant de désencombrer les quais non pas 12 jours par an mais 365, ils auraient soutenu la traversée du lac.

 

Au-delà des questions de circulation, ce genre de proposition est inquiétante car, sous le vernis de la réappropriation de l’espace public par les citoyens, elle témoigne de l’idéologie du repli et de la décroissance dont s’inspirent ce parti, comme d’autres au demeurant. Sous prétexte de qualité de vie des citadins, on veut reconstruire des barrières à coup d’interdictions de circuler, voire de péages pour entrer sur le territoire. Quant à l’impact positif de la mesure sur le tourisme, on se permettra de douter que des milliers de visiteurs affluent pour déguster une saucisse-frites sur les quais battus par la bise les dimanches d’automne, d’hiver ou même de printemps !

Contribution parue dans la Tribune de Genève du 01.04.2015

15:52 Publié dans Circulation, Genève, Mobilité, Politique genevoise | Tags : automobile, dimanche, rade, lac, genève, circulation | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |