28/07/2013

Les élections expliquées à ma fille

grand conseilElle : maman, si tu es élue au Grand Conseil, est-ce que tu vas gagner de l’argent ?

Moi : il y a des indemnités. Je ne sais pas combien cela rapporte. En tout cas, c’est surtout davantage de travail.

Elle : mais alors, pourquoi es-tu candidate si c’est pour avoir plus de travail et pas beaucoup d’argent ?

Moi : Soupir (mais qu’est-ce qu’ils apprennent en cours d’éducation civique ?) Parce que quand on est députée, on essaie d’améliorer la situation des gens, de trouver des solutions pour ce qui ne va pas à Genève, du genre que tu n’aies plus peur de prendre le bus toute seule, que tu aies plus de chances de trouver un travail quand tu auras fini tes études, un logement, si tu as envie de rester à Genève, bien sûr.

Elle : ah bon ? évidemment que je voudrai rester à Genève quand je serai grande. Genève, c’est chez moi et je n’ai pas envie de partir.

Cette conversation m’a laissée songeuse. Espérer des prochaines élections un monde meilleur (Genève n’est-il pas un monde en soi ?), est-ce bien réaliste ? 476 candidats,  plusieurs nouveaux partis, un effritement possible de l’échiquier politique plus propice aux blocages qu’aux progrès attendus par les Genevois. À l’arrivée, 100 élus et un nouveau Gouvernement qui auront 4 ans et demi pour faire leurs preuves. Et malgré tout, l’illusion, l’espoir ou l’immodestie que si l’on est élue, on pourra apporter sa contribution, servir la collectivité, être utile.

Alors, plutôt que de me plonger dans la lecture de la nouvelle Constitution que chaque candidat a reçue, j’ai ressorti de ma bibliothèque « Le bal des eunuques, de l’impuissance parlementaire à Genève et en Suisse » (paru en 2006 aux éditions Slatkine), un ouvrage co-rédigé par Renaud Gautier, un député que je respecte profondément pour son indépendance, son esprit critique et son courage politique et humain. Son constat est sévère, mais sur bien des points, Renaud Gautier a raison. Citation : « Il faut dès lors des personnalités hors pair pour résister aux postures simplistes, aux opinions carrées, aux discours réducteurs. Tout comme il faut faire preuve d’une certaine abnégation – ou d’un sens du devoir civique prononcé – pour s’aventurer dans ce champ de tensions exacerbées, de le faire quasi bénévolement et qui plus est au sein d’arènes parlementaires réduites pour l’essentiel à de la figuration politique ». (p. 85)

Le fonctionnement et la productivité du Parlement ne se sont d’ailleurs pas améliorés depuis la parution de son livre. 

Pourtant, Renaud Gautier se présente à nouveau au Grand Conseil, toujours animé par la volonté de rendre la vie meilleure dans notre canton. Comme tant de candidats, dont nombreux le sont par amour de Genève. Pour ma part, relire la dédicace du « bal des eunuques » m’a suffi pour répondre à ma fille: « à nos enfants ».

12:24 Publié dans Genève, Politique genevoise | Tags : grand conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |