01/02/2017

Pollution : n’instrumentalisons pas les entreprises

Genève, son lac, son jet d’eau et son … stratus, celui qui plombe le moral des Genevois de novembre à février et qui est devenu une nouvelle source d’inspiration pour une partie de la classe politique locale. Ainsi, comme nous l’apprend la Tribune de Genève du week-end, le Grand Conseil débat actuellement d’une motion intitulée « Genève vaut bien Paris », qui propose d’imposer des restrictions de circulation pour purifier notre air genevois. Et ce projet n’est pas isolé ; il suffit de consulter l’ordre du jour du Parlement.

Boostés par les mesures antipollution prises dans de grandes agglomérations françaises, des députés d’ordinaire peu enclins à citer nos voisins étrangers en exemple nous expliquent aujourd’hui comme il serait bon pour notre santé de renforcer notre dispositif anti-pollution en s’inspirant de la France. Faut-il ou pas durcir un dispositif anti-pollution déjà plus sévère que les normes européennes, quand il ne va pas au-delà des recommandations de l’OMS ? C’est une question dont on peut discuter, données scientifiques à l’appui.

Mais, en réalité, la pollution atmosphérique n’est ici qu’un prétexte pour attaquer le bouc émissaire qu’est devenu le travailleur pendulaire, en particulier s’il n’est pas genevois et qu’il se déplace en voiture. On relèvera aussi que les auteurs de ces motions entendent transformer les entreprises en agents de l’Etat : les patrons devraient annoncer à l’autorité tous les employés concernés, indiquer les plaques d’immatriculation des véhicules utilisés au mépris de la protection des données, voire même s’occuper du prélèvement de cette taxe.

Taxer les travailleurs extérieurs pour qu’ils aient le droit de venir travailler à Genève, transformer les patrons en délateurs ou, comme le prévoit un autre projet, taxer les entreprises qui mettent à disposition des places de parking pour leurs employés : toutes ces idées sont absolument indéfendables pour une économie genevoise qui – de toute son histoire – n’a quasiment jamais pu fonctionner avec la seule main d’œuvre locale.

 

09/05/2016

Traversée du lac : bouclons la boucle

traversée du lac, mobilité, circulation, transports,trafic, bouchons, IN 157, votations, embouteillages, Aux côtés de la quasi-totalité des partis politiques, les associations économiques genevoises sont mobilisées comme jamais en faveur de la Traversée du lac, qui sera soumise au vote dans un mois (IN 157 – OUI à la Grande Traversée du Lac). L’engagement des entrepreneurs sur le terrain doit être massif car, le 5 juin, le sort d’un des plus grands projets d’infrastructure de Genève sera scellé. La grande Traversée du Lac est capitale pour que la circulation à Genève ne soit plus un cauchemar pour les professionnels. Plus encore, elle améliorera la qualité de vie de l’ensemble des Genevois.

Les entreprises perdent chaque année des milliers d’heures dans les embouteillages au détriment de leur rentabilité, de leurs employés toujours plus stressés et des clients qui voient la facturation des déplacements s’envoler. En complément du prochain élargissement de l’autoroute de contournement, la Traversée du Lac permettra de boucler le périphérique autoroutier et donc de sortir du centre les véhicules qui ne font qu’y transiter. La durée des déplacements entre les deux rives sera fortement réduite ; on gagnera ainsi au moins 30 minutes pour aller d’Hermance à Coppet. Aux heures de pointe, les gains de temps seront encore plus importants.

En termes de circulation, les avantages du bouclement autoroutier sont évidents. Mais l’enjeu du 5 juin va au-delà. En effet, canaliser le trafic sur la ceinture autoroutière libérera de la voirie au centre du canton, ce qui permettra de rendre les transports publics plus rapides, de réaménager de l’espace en faveur de la mobilité douce et de créer de nouveaux espaces publics. L’initiative 157 en fait même une exigence, tout comme elle prévoit que l’Etat s’appuie sur cet ouvrage pour aménager les rives en concertation avec les communes.

Développer l’ensemble des modes de transports est une nécessité vitale pour Genève, car la demande de déplacement continuera à augmenter (+ 22% d’ici à 2030). Nous devons prendre aujourd’hui nos responsabilités pour ne pas laisser à la génération qui nous suivra un canton paralysé par les embouteillages.

23/02/2016

Traversée du Lac : pour une mobilité plurielle

Le 28 janvier dernier, le Grand Conseil a approuvé l’initiative populaire « oui à la grande traversée du lac » et les Genevois se prononceront le 5 juin prochain sur ce sujet. Le débat parlementaire qui a précédé l’adoption du texte et le clivage gauche-droite du vote démontrent que nombre d’élus n’ont pas encore compris qu’en matière de transports, nous sommes entrés dans l’ère de la mobilité plurielle. C’est ainsi que la traversée du lac n’est pas seulement le maillon manquant pour boucler le périphérique autoroutier, mais qu’elle s’inscrit dans une politique beaucoup plus large de mise à niveau de nos infrastructures de transports régionales. Il s’agit en effet de  tenir compte des comportements contemporains en matière de déplacements.

Le Genevois est aujourd’hui multimodal. Il est tour à tour piéton, conducteur ou passager d’un véhicule privé, usager des TPG ou des CFF, voire cycliste en fonction du motif de son déplacement, de sa destination ou de la météo. Il attend des autorités qu’elles mettent à disposition les infrastructures capables d’absorber la hausse de la demande de mobilité. Et cette hausse est impressionnante : +66% pour le nombre de voyageurs sur Unireso entre 2004 et 2012, +128% pour le nombre de cyclistes franchissant les ponts du Rhône entre 2001 et 2011, +100% pour le nombre de voyageurs entre Genève et Lausanne entre 2000 et 2010, +51% pour le nombre de véhicules franchissant le Pont d’Aigues-Vertes sur l’autoroute de contournement entre 2000 et 2012.

Depuis le début des années 1990, le canton développe ses transports collectifs ; le RER sera mis en service dans trois ans, le réseau de tramway se prolonge peu à peu, Léman 2030 améliorera la desserte ferroviaire de toute la région. Le réseau cyclable grandit lui aussi.

Mais ni les transports collectifs ni la mobilité douce ne pourront absorber l’intégralité de l’augmentation de la mobilité consécutive à notre essor démographique et économique, à l’évolution de nos modes de vie et de nos habitudes de mobilité. Les transports individuels motorisés continueront à répondre à une partie considérable des besoins. Selon les chiffres officiels, 99,4% du réseau routier de 2025 existe déjà, et il ne reste que 24 km de réseau à construire, 10 km de routes cantonales (route des Nations, route d’accès Mon Idée-Communaux d’Ambilly, route de Montfleury, route d’accès de Bernex Nord, contournement de Perly, liaison Genève Sud) et 14 km d’autoroute (Traversée du Lac).

Ces 14 km d’autoroutes ne sont qu’un maillon des infrastructures de transport genevoises, mais ce maillon est indispensable à la mise en œuvre d’une stratégie multimodale, qui améliorera la qualité de vie des Genevois, tant pour les individus que pour les entreprises. L’autoroute de contournement actuelle nous semble aujourd’hui une évidence alors que le combat fut rude en 1980 avant le vote populaire ; nous devrions être reconnaissants à ceux qui ont rendu ce projet possible. Aujourd’hui, c’est notre tour de nous montrer courageux et visionnaires parce que, demain, la Traversée du Lac sera une évidence.

Pour avoir une vision d’ensemble, au niveau de la région, le schéma de cohérence lémanique des transports met en perspective à l'horizon 2030 l'ensemble des projets de transports et études en cours portés par les collectivités suisses et françaises du bassin lémanique. Celui-ci peut être consulté sur le site www.conseilduleman.org, sous actions/transport-communication, sélectionner « Mise à jour 2015 ».