13/03/2014

Financement de la route : la partie s’annonce serrée

 Financement+sp%C3%A9cial+de+la+circulation+routi%C3%A8re+et+fonds+pour+les+routes+nationales+et+le+trafic+d%E2%80%99agglom%C3%A9ration+%28FORTA%29.pngLes infrastructures de transport de l’arc lémanique souffrent d’un retard accumulé depuis des décennies, retard qui ne saurait être toléré plus longtemps.

Le Conseil fédéral a mis en consultation la création du « fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération » (FORTA), ainsi qu’un programme de développement des routes nationales (PRODES), comprenant les travaux d’extension financés d’ici 2030 ou 2040. Ce projet est supposé être le pendant routier du « FAIF » ferroviaire plébiscité en votation le 9 février dernier. La Confédération aurait-elle enfin compris l’urgence de mettre sur pied un mode de financement de la route répondant aux aspirations des usagers ?

A ce stade, il est permis d’en douter. Il est ainsi question d’augmenter la surtaxe sur l’essence alors que les taxes routières continuent à financer le rail. La pilule serait moins amère à avaler si les infrastructures y trouvaient leur compte via le PRODES. Mais la déception prédomine. Sous prétexte du rejet du renchérissement de la vignette autoroutière, le Conseil fédéral supprime les projets de contournement de Morges et d’autoroute du Glattal à Zurich. C’est une erreur politique. D’autant que le projet de second tube au Saint-Gothard, axe nettement moins sous pression, est lui maintenu au titre de l’entretien du réseau existant. En définitive, alors que les besoins sont urgents, le PRODES ne prévoit quasiment pas de nouvelles infrastructures pour Genève et l’arc lémanique par rapport à ce qui a déjà été décidé… Aucune trace non plus de la Traversée du lac. 

Si les besoins de l’arc lémanique ne sont pas pris en compte à l’issue de la procédure de consultation, il ne sera pas aisé d’obtenir des Genevois et des Vaudois qu’ils soutiennent avec enthousiasme le projet de deuxième tube au Saint-Gothard; de même, il sera entrepris une forte pesée d’intérêts avant de songer à accepter une hausse du prix de l’essence. N’oublions pas, non plus, que près de 115'000 signatures viennent d’être déposées en faveur de l’initiative dite « vache à lait » qui exige que les impôts et redevances versés à l'Etat par les usagers de la route profitent effectivement à la route. C’est dire si la partie s’annonce serrée.

17:45 Publié dans Circulation, Economie, Politique suisse | Tags : financement, routes nationales, autoroutes, gothard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/01/2014

Surmonter la peur de « l’étranger »

peur.jpgLes partisans de l’initiative visant à limiter « l’immigration de masse » font de « l’étranger » le responsable de nos problèmes de sécurité, de chômage, de logement, d’engorgement des routes, des trains, etc. Ces problèmes préoccupent la population, et les autorités sont tenues d’y apporter des réponses : construire pour loger nos enfants, adapter nos infrastructures, poursuivre la lutte contre le chômage même si la Suisse affiche quasiment le taux le plus bas du monde. Fermer nos frontières n’est pas la solution.

Au cœur d’une Europe ballottée par les crises, il est compréhensible que les Suisses craignent « la contagion ». La population a besoin d’être rassurée par des leaders qui ne se contentent pas de répéter : « tout va bien, Madame la Marquise ». Des bibliothèques entières d’études démontrent que les travailleurs étrangers apportent leur pierre à la prospérité helvétique. Mais voilà, on ne rassure pas à coups de statistiques, voire de menaces d’une résiliation des accords bilatéraux.

Les travailleurs européens peuvent s’établir s’ils sont au bénéfice d’un contrat de travail. Cela signifie donc bien qu’ils répondent à un besoin. Sans préjudice pour les résidents, car les salaires réels ont augmenté, en Suisse, plus rapidement depuis l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes qu’au cours des dix années précédentes et les hausses sont les plus fortes au bas de l’échelle des salaires.

Si une partie de la population suisse pense que notre pays peut continuer à prospérer en coupant les ponts avec ses voisins européens, elle est dans l’erreur car notre pays n’est pas une île. Les accords bilatéraux avec l’Union européenne sont indispensables ; ils ouvrent à nos produits et à nos services l’accès au marché intérieur européen dans des domaines qui ne sont pas couverts par des accords de libre-échange. Nous en avons besoin pour préserver une prospérité et un quasi plein-emploi qui n’a pas d’équivalent autour de nous.

21:44 Publié dans Economie, Immigration, Politique suisse, Votation fédérale | Tags : europe, udc, étranger | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

28/11/2013

Les leçons à tirer du non à la vignette

Le message que les électeurs ont envoyé dimanche 24 novembre à la Confédération en refusant la hausse de la vignette autoroutière est clair : il n’est pas possible de demander toujours plus de moyens aux citoyens en général, aux automobilistes en particulier, sans indiquer clairement en quoi ils y gagneraient. La CCIG, comme les principales associations économiques lémaniques, avait recommandé le oui par cohérence : les besoins de l’Arc lémanique en matière d’infrastructures autoroutières étant considérables, il paraissait dès lors difficile de réclamer des aménagements majeurs pour la région sans soutenir le relèvement du prix de la vignette.

Les cantons de Vaud et Genève, qui constituent le 2e pôle économique de Suisse, auraient bénéficié indirectement de la hausse de la vignette car celle-ci conditionnait l’intégration du projet de contournement nord de Morges dans le réseau des routes nationales et, par la suite, des projets d’élargissement sur l’axe Nyon – Douane de Bardonnex. Avec, à terme, aussi, l’intégration de la Traversée du lac dans le réseau des routes nationales.

Il est vraisemblable que le manque de transparence qui entoure le financement des infrastructures de transport et le subventionnement avéré du rail par le biais des taxes routières a également influé négativement sur le résultat. Malgré le refus de la hausse de la vignette, il n’en demeure pas moins que les infrastructures de transports nécessaires à l’Arc lémanique devront être réalisées et qu’un financement devra être trouvé. Le Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA), qui sera mis en consultation d’ici la fin de l’année, devrait permettre de débroussailler enfin le financement de la route. Souhaitons que les besoins de l’Arc lémanique soient pris en considération dans ce nouveau projet.

09:29 Publié dans Circulation, Politique suisse | Tags : infrastructures routières, vignette autoroute | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |