23/11/2013

Circulation à Rive : de qui se moque-t-on ?

Le 8 novembre dernier paraissait dans la Feuille d’avis officielle (p. 5), l’enquête publique relative à la pérennisation du changement de circulation instauré dans le quartier du rond-point de Rive le 10 décembre 2012, au titre de mesure à l’essai. Cette modification avait fait l’objet d’une pétition des commerçants et le rapport du Conseil d’Etat a été déposé le 25 juillet 2013 (P 1852-B). Le Groupement Transports et Economie (GTE), qui réunit les défenseurs d'une politique des transports axée sur les besoins des entreprises, admet que la mesure a eu des effets positifs sur la circulation des véhicules des TPG.

 

 

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Le GTE s’oppose cependant à la pérennisation de l’opération. Pour plusieurs raisons. La première de ces raisons est que le Département n’a pas respecté l’engagement qu’il avait pris devant le Grand Conseil lorsqu’il a répondu à la pétition des commerçants. En effet, le rapport 1852-B mentionne qu’un bilan sera effectué en consultant notamment les commerçants, les riverains et les TPG. Or selon les informations en notre possession, seuls les TPG ont été consultés, ce qui est inacceptable. Les bases manquent donc pour pouvoir juger de manière objective la pertinence du nouveau schéma de circulation. 

Le GTE demande également une analyse chiffrée des conséquences de l’opération sur le trafic individuel motorisé. À cette fin, il est nécessaire de rétablir l’ancien schéma de circulation pendant une phase test de 6 mois, exception faite des mesures prises pour améliorer les temps de parcours des trams et des bus, qui présentent un bilan satisfaisant. 

Sur le plan détaillé, le GTE accepte certaines modifications tandis qu’il en rejette d’autres. Nous renvoyons le lecteur intéressé à la réponse que le GTE a faite dans le cadre de l’enquête publique.

Enfin, une fois de plus, le GTE déplore le saucissonnage de la gestion de la circulation au centre-ville. Il existe en effet une vision globale de réaménagement du quartier de Rive autour du futur parking des Clés-de-Rive. Tant que ce parking ne sera pas réalisé, les mesures prises ne feront qu’entraver la circulation et la reporter ailleurs.

11:21 Publié dans Circulation, Genève, Politique genevoise, Stationnement | Tags : rive, commerces, pétition, embouteillages, tpg | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

25/09/2013

Libre circulation: entre slogans et contre-vérités

En ces temps de campagne électorale, le thème de l’immigration revient sur le devant de la scène. Canton frontalier, qui accuse le taux de chômage le plus élevé de Suisse, Genève figure aux avant-postes de ces débats, au cours desquels la question est principalement abordée sous l’angle de l’impact que la libre circulation des personnes avec l’Union européenne a sur le marché du travail.

Et ce débat est sain. En effet, si les accords bilatéraux avec l’Union européenne profitent à la Suisse de manière générale, des défis demeurent auxquels il faut s’attaquer. En première ligne de ces défis figurent l’application efficace des mesures d’accompagnement à la libre circulation et le respect des normes suisses en matière de droit du travail et de pratique salariale.

Malheureusement, de nombreuses contre-vérités circulent aujourd’hui sur la place publique, souvent colportées par des partis et des organisations qui ont intérêt à effrayer la population. Pour cette raison, il est indispensable de rétablir la réalité des faits. En effet, pour que des réponses efficaces soient apportées aux défis de la libre circulation, il faut tout d’abord savoir poser les bonnes questions et choisir les bons combats à mener.

Les arguments de l’économie sont connus. Sans main-d’œuvre étrangère, qu’elle soit immigrée ou frontalière, de nombreux secteurs et entreprises ne pourraient pas se développer. Le taux de chômage en Suisse, actuellement de 3%, correspond en effet quasiment à une situation de plein emploi. Le triste record genevois ne résulte pas de la libre circulation, car Genève connaissait déjà le taux de chômage le plus élevé de Suisse avant l’entrée en vigueur de l’accord entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Pourtant, une partie de la population continue à croire que la libre circulation engendre pressions sur les salaires ou ostracisme des travailleurs résidants au profit des travailleurs immigrés ou frontaliers. Si ces craintes se révèlent majoritairement infondées, elles n’en appellent pas moins des réponses circonstanciées allant au-delà du simple constat de pénurie de main-d’œuvre indigène.

Il n’est pas question de nier que la libre circulation a amené son lot de défis à relever. Cependant, la Suisse a su adopter des mesures d’accompagnement efficaces, qui ont été continuellement renforcées depuis leur entrée en vigueur. Ces mesures et les contrôles effectués par les organes tripartites regroupant représentants syndicaux, patronaux et étatiques, sont le garant que la libre circulation des personnes ne se traduise pas par une détérioration des conditions de travail qui prévalent dans le pays.

Lire mon article.

11/09/2013

Traversée du Lac à Genève avant 2030 : c’est possible !

traversée du lac,investissement,transportsLa traversée du lac est le plus grand projet d’infrastructure que Genève doit réaliser pour que le canton ne soit plus un des éternels points noirs du réseau routier suisse. Il y a ceux qui n’en veulent pas car les bouchons sont leur fonds de commerce. Il y a ceux qui prétendent que rien ne se fera avant 2080, car ils ont d’autres projets en tête. Et il y a ceux qui cherchent des solutions et qui en trouvent.

Plusieurs associations économiques genevoises, associées pour l’occasion à des partenaires privés, viennent ainsi de publier une étude très encourageante démontrant que la traversée du lac peut être construite avant 2030, en recourant à un partenariat public-privé, une formule encore peu courante en Suisse mais répandue sous d’autres cieux.

Avec près de 270 jours de bouchons par an, le bassin genevois est l’un des plus embouteillés de Suisse. La situation empirera si rien n’est entrepris, car d’ici à 2030, les déplacements augmenteront de près de 26%. Aussi, la traversée du Lac représente un élément-clé du plan stratégique « Mobilité 2030 » du Conseil d’Etat, mais la concrétisation du projet tarde. L’ouvrage nécessite l’engagement de la Confédération, mais elle préfère donner la priorité à l’élargissement de l’autoroute de contournement.

L’étude publiée aujourd’hui démontre que la Traversée du Lac contribuera à soulager durablement la problématique des goulets d’étranglement de toute la région. Elle pourrait ainsi délester les autres routes de près de 80'000 véhicules par jour, en reportant les déplacements entre l’est et l’ouest de l’agglomération sur le réseau autoroutier. Le développement des transports publics et de la mobilité douce dans le cœur urbain serait mis en place plus rapidement. Le gain de temps en déplacement pour les usagers de la traversée du lac serait d’environ 20 minutes par trajet aux heures de pointe.

Sur le plan financier, un test auprès d’acteurs du marché financier suisse a mis en évidence un grand intérêt pour le projet. Il est possible de le financer entièrement par des fonds privés. Cependant, si l’Etat contribuait à une partie du financement, cela faciliterait la mise en place du projet et permettrait une réduction des coûts du financement global. Enfin, l’ouvrage est ambitieux, mais réalisable sur le plan technique.

Traverser le lac en tunnel avant 2030 est donc parfaitement possible. Voilà une nouvelle qui du bien. Espérons que les autorités politiques sauront saisir la balle au bond. Si je suis élue au Grand Conseil, je me battrai pour faire avancer ce dossier, avec le soutien des autres candidats PLR.

12:02 Publié dans Circulation, Genève, Politique genevoise | Tags : traversée du lac, investissement, transports | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |