16/01/2014

Traversée de la Rade : un contre-projet ? et pourquoi pas ?

La commission des transports du Grand Conseil préconise d’étudier un contre-projet à l’initiative « pour une traversée de la Rade » (IN 152). Contrairement aux déclarations de M. Sylvain Thévoz sur son blog, le Groupement Transports et Economie (GTE) n’a jamais déclaré que l’initiative en question était « pourrie », ceci pour la simple raison que les associations membres du GTE n’ont pas encore pris position sur celle-ci. Tout au plus, le GTE arrive-t-il à la conclusion que la Genève de 2014 n’est plus celle de 2004 (année de présentation du projet de contournement Est de Genève, soutenu à l’époque par le GTE, projet repris par l’initiative) et que, dès lors, envisager l’élaboration d’un contre-projet est une démarche opportune car elle permet de tenir compte de cette évolution.

Les projections de développement de la région calculées en 2004 se sont révélées sous-estimées: la population avait été évaluée à 830'000 habitants, elle était déjà de 918'000 en 2012 ; le nombre d’emplois avait été pronostiqué à 424'000, il a atteint 440'000 voici deux ans.

De plus, les projets tels que le CEVA, le futur élargissement de l’autoroute et la grande traversée du lac (autoroutière) ont changé la donne.

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Enfin, dans le cadre de l’examen de l’initiative, l’Administration cantonale a actualisé les études de trafic réalisées au début des années 2000, démontrant qu’à l’heure de pointe du soir, la réalisation de la traversée de la Rade version 2004 pourrait provoquer une augmentation considérable du trafic sur les principaux tronçons concernés par l’ouvrage. Le trafic sur le Pont du Mont-Blanc diminuerait en revanche de 45%. Pour éviter la saturation des carrefours d’accroche (Avenue de France, Port-Noir, Route de Malagnou), aucune solution idéale n’a encore été trouvée.

La demande de mobilité continuera à augmenter – comme l’indique la stratégie cantonale Mobilités 2030 - et les transports publics ne seront pas en mesure d’absorber intégralement cette hausse. Il est donc indispensable que Genève développe aussi son réseau routier. La question qui se pose est donc la suivante : est-ce que la traversée de la Rade version 2004 est le meilleur moyen de régler les problèmes de circulation au centre-ville, pour aujourd’hui et surtout pour demain ?

L’UDC a fait montre d’un joli sens tactique en lançant l’initiative « pour une traversée de la Rade ». Les quelque 13'000 Genevois qui l’ont signée témoignent de la préoccupation de la population pour l’avenir de la circulation privée. Il s’agit maintenant de proposer à la population une réponse porteuse d’une vision stratégique. Dans ces conditions, le GTE estime qu’il vaut la peine que le Grand Conseil se donne le temps d’examiner la meilleure réponse et qu’il entre en matière sur un contre-projet.

Contrairement à ce qu’affirme Monsieur Thévoz, le GTE ne trouve donc pas l’initiative « pourrie ». Elle a permis de remettre l’enjeu sur la table. Mais, afin que la population puisse se prononcer sur un projet réellement mature, le GTE souhaite que la variante de traversée la plus adéquate soit identifiée, que ce soit celle proposée par l’initiative ou une autre. La mobilité des Genevois et des entreprises le vaut bien !

16:01 Publié dans Circulation, Genève, Politique genevoise | Tags : traversée du lac, traversée de la rade, in 152 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

23/11/2013

Circulation à Rive : de qui se moque-t-on ?

Le 8 novembre dernier paraissait dans la Feuille d’avis officielle (p. 5), l’enquête publique relative à la pérennisation du changement de circulation instauré dans le quartier du rond-point de Rive le 10 décembre 2012, au titre de mesure à l’essai. Cette modification avait fait l’objet d’une pétition des commerçants et le rapport du Conseil d’Etat a été déposé le 25 juillet 2013 (P 1852-B). Le Groupement Transports et Economie (GTE), qui réunit les défenseurs d'une politique des transports axée sur les besoins des entreprises, admet que la mesure a eu des effets positifs sur la circulation des véhicules des TPG.

 

 

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Le GTE s’oppose cependant à la pérennisation de l’opération. Pour plusieurs raisons. La première de ces raisons est que le Département n’a pas respecté l’engagement qu’il avait pris devant le Grand Conseil lorsqu’il a répondu à la pétition des commerçants. En effet, le rapport 1852-B mentionne qu’un bilan sera effectué en consultant notamment les commerçants, les riverains et les TPG. Or selon les informations en notre possession, seuls les TPG ont été consultés, ce qui est inacceptable. Les bases manquent donc pour pouvoir juger de manière objective la pertinence du nouveau schéma de circulation. 

Le GTE demande également une analyse chiffrée des conséquences de l’opération sur le trafic individuel motorisé. À cette fin, il est nécessaire de rétablir l’ancien schéma de circulation pendant une phase test de 6 mois, exception faite des mesures prises pour améliorer les temps de parcours des trams et des bus, qui présentent un bilan satisfaisant. 

Sur le plan détaillé, le GTE accepte certaines modifications tandis qu’il en rejette d’autres. Nous renvoyons le lecteur intéressé à la réponse que le GTE a faite dans le cadre de l’enquête publique.

Enfin, une fois de plus, le GTE déplore le saucissonnage de la gestion de la circulation au centre-ville. Il existe en effet une vision globale de réaménagement du quartier de Rive autour du futur parking des Clés-de-Rive. Tant que ce parking ne sera pas réalisé, les mesures prises ne feront qu’entraver la circulation et la reporter ailleurs.

11:21 Publié dans Circulation, Genève, Politique genevoise, Stationnement | Tags : rive, commerces, pétition, embouteillages, tpg | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

03/10/2013

Le 31 décembre : c’est rideau pour les commerces !

commerce de détail,syndicat,fermeture,réveillon,31 décembreLe 31 décembre, jour de la restauration de la République, est un jour férié à Genève, mais traditionnellement les magasins sont ouverts jusqu’à 17 heures. La loi sur les heures d’ouverture des magasins permet en effet une dérogation en cas d’accord entre les partenaires sociaux. Accord, il n’y a hélas pas cette année et, sauf revirement de dernière minute, les magasins genevois seront fermés le 31 décembre prochain. Alors que le commerce local est à la peine, il est désolant d’arriver à pareille situation de blocage.

Le mot « accord » inscrit dans la loi est vague et, avant l’existence de la convention collective cadre du commerce de détail, la ratification d’un protocole par les syndicats et les employeurs suffisait. Celui-ci devait simplement fixer les compensations à accorder au personnel travaillant le 31, compensations qui se montaient à 200% du salaire et un jour de congé. Depuis 2011, le secteur n’a plus de convention et le dialogue entre les partenaires sociaux s’est considérablement durci. La situation est aujourd’hui bloquée car les syndicats revendiquent des hausses de salaires impossibles à assumer par les petits et moyens commerces.

Si la réunion de la dernière chance, prévue avec le Département de l’économie le 10 octobre, se solde par un échec définitif, point d’ouverture le 31 décembre. Ce sera une perte sèche pour les commerces genevois et leurs employés. Les commerçants français et vaudois se frottent déjà les mains de cette nouvelle Genferei.

14:54 Publié dans Economie, Genève, Humeur | Tags : commerce de détail, syndicat, fermeture, réveillon, 31 décembre | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |