16/10/2014

Particules fines : tour de vis inutile

Qualité de l'air; pollution, politique genevoise

En mars 2014, Genève subit une brève pointe de pollution aux particules fines, mais le Gouvernement ne prit pas de mesures temporaires, le seuil d’urgence n’étant pas atteint. Aussitôt, plusieurs députés demandèrent le durcissement de ces mesures.

Durcir les mesures temporaires n’est pas judicieux car les conséquences pour les personnes et les entreprises seraient disproportionnées par rapport à l’impact hypothétique sur la qualité de l’air et donc sur la santé humaine. Il est beaucoup plus efficace de se concentrer sur les programmes à long terme, qui ont montré leur efficacité, et qui ne visent pas uniquement le transport routier.

Les particules fines (PM10) sont des poussières en suspension qui résultent des mécanismes de frottement et d'abrasion (rail, pneus, freins, travaux de chantier), des moteurs de véhicules, des machines de chantier, des chauffages et des incinérations industrielles. En Suisse, les émissions de PM10 ont pour origine l’agriculture et la sylviculture (27%), l’industrie (26%), les ménages (22%), le transport routier (18%) et le rail (6%).

Grâce aux politiques en vigueur en Suisse et à Genève, les émissions de PM10, toutes sources confondues, ont connu en 30 ans une baisse spectaculaire, baisse qui se poursuivra en raison du durcissement des normes antipollution s’appliquant aux véhicules, de la stratégie énergétique du canton et de la Confédération, et du plan cantonal de mesures Opair 2013-2016.

Le Conseil d’Etat dispose d’un arsenal d’urgence harmonisé avec les autres cantons. En cas de nécessité, il peut notamment imposer la circulation alternée, suspendre toutes les restrictions au stationnement, voire fermer la bretelle d’autoroute à la hauteur du Vengeron. Cependant, il n’a pas encore eu besoin de déclencher les mesures de limitation de la circulation, le premier seuil d’alerte n’ayant pas été dépassé. Faut-il dès lors abaisser ce seuil, et ajouter des mesures telles que l’interdiction de circulation des véhicules diesel privés, ou la gratuité provisoire des transports publics ? À toutes ces questions, il faut répondre non.

Les motionnaires à l’origine des demandes de restrictions de la circulation ne sont en effet pas en mesure de démontrer l’efficacité sanitaire de leurs revendications. L’efficacité des mesures à long terme est quant à elle attestée. Le canton dévoilera d’ici la fin de l’année la stratégie qu’il veut mettre en œuvre pour réduire encore davantage les émissions de PM10. Dans ces conditions, il semble sage de refuser des motions qui ciblent – comme par hasard – la circulation, dont les émissions sont pourtant en baisse constante.

 

14/05/2014

TPG et P+R: se plaindre ou avancer, il faut choisir !

Poursuivre le développement des transports publics et donner des possibilités supplémentaires aux automobilistes pendulaires de les utiliser : c’est en résumé la question à laquelle devront répondre les Genevois ce dimanche.

Le réseau de transports publics s’est accru de 40 % au cours des dix dernières années et la fidélisation des utilisateurs, notamment des jeunes, a été au centre de la stratégie des TPG. Si l’initiative – qui demande que les tarifs soient revus à la baisse pour certaines catégories d’usagers et inscrits dans la loi -  est acceptée, ce sont quelque 20 millions qui seraient perdus, soit l’équivalent du coût de fonctionnement de deux lignes urbaines. De plus, pénaliser les jeunes de 18 à 25 ans, à qui l’initiative refuse les tarifs réduits pour leurs abonnements, est une aberration puisqu’il s’agit d’un âge charnière pour fidéliser une clientèle.

La fluidité du trafic en ville dépend, entre autres paramètres, du nombre de véhicules qui s’y trouve. Donner la possibilité aux pendulaires de laisser leur véhicule dans un parking-relais en périphérie de l’agglomération et d’emprunter les transports publics pour y pénétrer est un moyen incitatif et efficace de restreindre le trafic de transit à Genève.

Refuser l’initiative sur les TPG et accepter la construction de P+R en France voisine sont deux bons pas en direction d’un trafic allégé en ville. Se plaindre indéfiniment ou avancer, dimanche, les Genevois devront choisir !

06/05/2014

P+R en France : la mauvaise foi des adversaires

Trop facile de mettre le doigt sur les problèmes sans apporter une once de solution ! trop facile de mélanger tous les problèmes de Genève (financement des écoles, dette du canton, etc.) pour justifier de refuser que le canton co-finance, à hauteur de 3,19 millions de francs la constructionde 5 parkings d'échangeen France voisine. En réalité, il faut que les électeurs acceptent ce projet soumis au vote le 18 mai, car il s’agit d’un projet utile, surtout pour nous les Genevois.

Le projet s’inscrit dans le cadre du projet d’agglomération 2e génération, qui prévoit une enveloppe de 240 millions destinés au financement de projets transfrontaliers. Afin d’assurer une légitimité politique à ces derniers, Genève a décidé de faire accepter chaque proposition par le Grand Conseil. Dans le cas présent, tous les partis ont approuvé le projet, à l’exception du MCG, référendaire. L’UDC l’a ensuite rejoint dans le camp des opposants.

Si Genève a décidé de participer à ce projet, c’est parce qu’il aura un impact direct et conséquent sur le canton. En effet, les parcs-relais prévus seront situés à proximité immédiate de la frontière et d’axes routiers structurants. Destinés à accueillir un millier de voitures, ils déchargeront d’autant les routes du canton, puisque ce sont autant de véhicules qui ne viendront plus grossir les embouteillages.

L’intérêt de Genève ne s’arrête à la question de la circulation, il est également financier. Les terrains sont rares et chers dans notre canton et la construction de parkings se heurte quasiment toujours à des oppositions coûteuses et chronophages.

Par ailleurs, construire des parkings sur notre territoire est nettement plus onéreux : une place dans un parking souterrain coûte au moins 50'000 francs à Genève !

Autre avantage du projet soumis au vote, le canton n’aura pas à assumer les frais de fonctionnement annuels des nouveaux parkings.

Moins de 3,2 millions pour des infrastructures qui permettront de soulager les routes genevoises est à l’évidence une opération gagnante pour les Genevois.

 

 

 

11:49 Publié dans Circulation, Genève, Politique genevoise, Stationnement | Tags : p+r, frontaliers, votation cantonale | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |