05/01/2015

Traversée du lac : l’initiative est déposée

Tlac.png

Quelque 11700 signatures viennent d’être déposées en faveur de la grande traversée du Lac, à l’appui de l’initiative lancée par une coalition regroupant PLR, PDC, Verts libéraux, Parti Pirate, automobiles clubs et associations économiques, dont la Chambre de commerce (CCIG). Voilà une belle victoire d’étape pour un projet qui est un objectif majeur pour Genève. Une alliance vient de se créer pour soutenir la traversée du lac; il s’agira de l’élargir pour assurer une victoire populaire au moment de la votation.

Nous avons la chance de vivre dans un canton qui compte parmi les plus dynamiques de Suisse. Genève, et la métropole lémanique, se développent sur le plan économique et sur le plan démographique. Ce développement, nous devons l’assumer car il est source de bien-être pour le plus grand nombre. Mais nous devons aussi l’accompagner. En l’occurrence, nous devons rattraper le retard que nous avons dans le domaine des infrastructures de transport. Nous avons déjà commencé à rattraper ce retard dans le domaine des transports publics, avec la mise en route d’infrastructures capitales comme le CEVA, Léman 2030 ou l’agrandissement de la gare de Cornavin, tous projets que la CCIG a soutenus. Mais cela ne suffit pas.

La demande de mobilité va en effet continuer à augmenter à Genève. Les projections officielles tablent sur une hausse de 30% d’ici 15 ans. La demande ne pourra pas être intégralement satisfaite par le développement des transports publics. De nouvelles infrastructures routières sont indispensables.

Les problèmes de circulation, notamment pour accéder au centre-ville, reviennent systématiquement sur le tapis lorsque nous rencontrons des entrepreneurs. À Genève, nous avons chaque année, 270 jours de bouchon sur l'autoroute. Cela ne peut plus durer.

La traversée du lac permettra – entre autres avantages - d’évacuer du centre-ville le trafic de transit. L’amélioration sera nette pour les entreprises qui doivent s’y rendre pour travailler.

 C’est pourquoi la CCIG soutient ce projet depuis de nombreuses années. Elle a fait alliance avec les principales organisations économiques genevoises et vaudoises afin de le faire avancer au niveau fédéral, puisque c’est la Confédération qui décidera - ou pas - de le financer dans le cadre de son programme autoroutier.

La concurrence pour obtenir la manne fédérale est âpre entre les cantons et la meilleure chance pour que Genève tire son épingle du jeu est que la population et ses représentants politiques cantonaux et fédéraux appuient l’action que le gouvernement mène en faveur de la traversée du lac.

 

03/12/2014

Transports publics : « Yakafokon »

 

circulation; GenèveLes Verts ont déposé une initiative qui propose que les transports publics aient la priorité dans la circulation. Objectif : les rendre plus rapides. Comment faire ? Rien de plus simple pour les initiants : « Il suffit que l’Etat développe les sites propres et régule les feux lumineux de sorte à prioriser les trams et le bus ». Bref: «Yakafokon».

Le Groupement Transport et Economie s’oppose à l’initiative « Pour des transports publics plus rapides » car, malgré un titre sympathique et un but louable, son adoption ne permettrait pas d’accélérer les transports publics. Par contre, elle entraînerait à coup sûr une grave détérioration des conditions de circulation des transports privés et professionnels (le texte de notre audition devant la commission des transports peut être consulté sur notre site).

Si nos transports publics ne sont pas suffisamment rapides, ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas prioritaires dans la circulation. D’ailleurs, ils le sont déjà à bien des endroits, par exemple sur les axes tels que Malagnou, Chancy ou Chêne. Si nos transports publics ne sont pas suffisamment rapides, c’est une question de densité : celle du centre urbain, contraignante, celle du réseau TPG, celle des flux de passagers qui est énorme à certains arrêts. C’est aussi à cause de certains choix d’aménagement qui se révèlent aujourd’hui des erreurs : arrêts trop rapprochés, parfois mal aménagés, incohérences sur certains tronçons, comme sur la route des Acacias. C’est aussi parce que Genève n’a pas encore son RER, que le financement des voies de bus est à la charge des communes ; la liste est longue. Les outils permettant d’accroître la vitesse commerciale existent déjà. Potentiel d’amélioration il y a, mais il est largement de nature technologique et humaine.

Le Conseil d’Etat explique que l’initiative est impossible à mettre en œuvre sur le réseau routier et qu’elle est incompatible avec sa stratégie multimodale, qui repose sur un développement de tous les modes de transports, seul capable d’absorber la hausse de la mobilité prévue à l’horizon 2030. Il entend donc proposer au Grand Conseil un contre-projet sous la forme d’un avant-projet de loi sur la mobilité. Une majorité semble se dessiner en faveur de l’étude d’un contre-projet qui devrait être une base de travail intéressante. Verdict le 4 décembre.

Sous son titre accrocheur, le projet des Verts dissimule des risques réels pour la mobilité à Genève. Brandir un sondage d’opinion montrant qu’une majorité de sondés (et non de la population) souhaite une priorité aux transports publics dans tout le canton ne doit pas nous berner. Pour pouvoir voter en connaissance de cause le moment venu, chaque Genevois devra savoir ce qui se passera concrètement en bas de chez lui si l’initiative est acceptée.

 

10:19 Publié dans Circulation, Genève, Mobilité, Politique genevoise | Tags : circulation, genève, in 154, mobilité, tpg | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

16/10/2014

Particules fines : tour de vis inutile

Qualité de l'air; pollution, politique genevoise

En mars 2014, Genève subit une brève pointe de pollution aux particules fines, mais le Gouvernement ne prit pas de mesures temporaires, le seuil d’urgence n’étant pas atteint. Aussitôt, plusieurs députés demandèrent le durcissement de ces mesures.

Durcir les mesures temporaires n’est pas judicieux car les conséquences pour les personnes et les entreprises seraient disproportionnées par rapport à l’impact hypothétique sur la qualité de l’air et donc sur la santé humaine. Il est beaucoup plus efficace de se concentrer sur les programmes à long terme, qui ont montré leur efficacité, et qui ne visent pas uniquement le transport routier.

Les particules fines (PM10) sont des poussières en suspension qui résultent des mécanismes de frottement et d'abrasion (rail, pneus, freins, travaux de chantier), des moteurs de véhicules, des machines de chantier, des chauffages et des incinérations industrielles. En Suisse, les émissions de PM10 ont pour origine l’agriculture et la sylviculture (27%), l’industrie (26%), les ménages (22%), le transport routier (18%) et le rail (6%).

Grâce aux politiques en vigueur en Suisse et à Genève, les émissions de PM10, toutes sources confondues, ont connu en 30 ans une baisse spectaculaire, baisse qui se poursuivra en raison du durcissement des normes antipollution s’appliquant aux véhicules, de la stratégie énergétique du canton et de la Confédération, et du plan cantonal de mesures Opair 2013-2016.

Le Conseil d’Etat dispose d’un arsenal d’urgence harmonisé avec les autres cantons. En cas de nécessité, il peut notamment imposer la circulation alternée, suspendre toutes les restrictions au stationnement, voire fermer la bretelle d’autoroute à la hauteur du Vengeron. Cependant, il n’a pas encore eu besoin de déclencher les mesures de limitation de la circulation, le premier seuil d’alerte n’ayant pas été dépassé. Faut-il dès lors abaisser ce seuil, et ajouter des mesures telles que l’interdiction de circulation des véhicules diesel privés, ou la gratuité provisoire des transports publics ? À toutes ces questions, il faut répondre non.

Les motionnaires à l’origine des demandes de restrictions de la circulation ne sont en effet pas en mesure de démontrer l’efficacité sanitaire de leurs revendications. L’efficacité des mesures à long terme est quant à elle attestée. Le canton dévoilera d’ici la fin de l’année la stratégie qu’il veut mettre en œuvre pour réduire encore davantage les émissions de PM10. Dans ces conditions, il semble sage de refuser des motions qui ciblent – comme par hasard – la circulation, dont les émissions sont pourtant en baisse constante.