19/01/2015

Electricité : évitons l’isolement !

Europe_night.pngDepuis le 1er janvier 2015, l’Union européenne jouit d’un marché de l’électricité globalisé. Le résultat d’un processus entamé depuis une dizaine d’années et dont la Suisse, faute d’accord signé en la matière, ne fera pas partie.

Face à la construction de ce marché européen, la Suisse a perdu de son influence politique et la place centrale qu’elle détenait en Europe en la matière.  Depuis ce 1er janvier 2015, elle est même considérée comme un Etat tiers par l’Union européenne dans ce secteur.

Ce constat, relevé hier lors du 9e Congrès suisse de l’électricité, irrite et inquiète : les conséquences de cet isolement engendreront tôt ou tard des coûts supplémentaires pour les entreprises, privées de cet accès au marché européen.Une note salée qui s’ajoute à celle de la Stratégie énergétique 2050, actuellement débattue à Berne. Le paquet de mesures adopté par le Conseil national en décembre dernier laisse en effet présager une hausse du prix de l’électricité et de nouvelles taxes énergétiques. Le tout, alors que le prix de l’électricité sur les marchés continue de baisser…

La Suisse subit à nouveau les conséquences d’un vote – celui du 9 février 2014 – qui la conduit aujourd’hui dans l’impasse. En l’absence de solution institutionnelle avec l’Union Européenne, aucun nouvel accord ne sera signé. Bruxelles l’a réitéré fermement.

En plein tournant énergétique, la Suisse a pourtant cruellement besoin d’un accord sur l’électricité avec son partenaire européen. Ne serait-ce que pour assurer la sécurité de son approvisionnement. Négocié depuis 2008, le texte est techniquement mûr. Il ne manque que la volonté politique pour signer.

15/12/2014

En douceur… sauf la facture

Au terme du plus long débat de son histoire (24 heures) le Conseil national a accepté la Stratégie énergétique 2050, qui consacre la sortie du nucléaire mais en douceur. En effet, si aucune nouvelle centrale ne sera plus construite, celles en fonction actuellement pourront continuer de produire aussi longtemps qu’elles passeront les tests d’inspection. Pour plusieurs d’entre elles, cela signifie qu’elles fonctionneront au-delà de 2050. Sachant que près de 40% de l’électricité suisse est produite par les centrales nucléaires, ce n’est assurément pas une mauvaise nouvelle.

Le vote consacre aussi les objectifs de réduction de la consommation d’énergie et d’électricité ainsi que le développement des nouvelles énergies renouvelables (NER). Ceux-ci sont potentiellement lourds de conséquences pour l’économie. Tout d’abord, de quelle manière les économies d’énergie, extrêmement ambitieuses (-16% d’ici 2020), seront-elles obtenues ? Les programmes d’incitation et l’amélioration de l’efficience énergétique peuvent difficilement atteindre un tel objectif. Cela signifie que le risque de rationnement nous pend au nez. Ensuite, les NER seront financées par une taxe de 2,3 cts / kWh au lieu de 1,5 ct. Les moyens destinés à l’assainissement énergétique des bâtiments vont par ailleurs augmenter considérablement. En d’autres termes, les consommateurs vont passer à la caisse.

L’industrie, et l’économie en général, seront donc touchées deux fois. Nous sommes convaincus qu’il est pourtant possible de définir une politique énergétique qui ménage les ressources sans plomber l’économie. La balle est à présent dans le camp du Conseil des Etats et, peut-être, du peuple, en cas de référendum.

25/11/2014

Energie 2050 : clarté et souplesse indispensables

Le débat sur la future politique énergétique suisse sera le gros dossier de la session d’hiver du Conseil national. Trois années se sont écoulées depuis le tremblement de terre et le raz-de-marée qui ont ravagé la région de Fukushima au Japon y détruisant la centrale nucléaire Fukushima Daiichi. Si personne n’a oublié cette tragédie, seuls deux pays ont décidé d’abandonner le nucléaire pour la production d’électricité - l’Allemagne et la Suisse – et se sont lancés dans une ambitieuse transition énergétique.

L’Allemagne, par sa politique de subventionnement des énergies renouvelables et son recours aux centrales à charbon, a contribué à l’écroulement du prix de l’électricité sur le marché européen, écroulement aggravé par la persistance de la crise économique sur le vieux continent. Plus généralement, c’est tout le contexte énergétique mondial qui a profondément changé depuis 2011. La Suisse doit en tenir compte au moment de façonner la politique énergétique des 30 prochaines années. Et notamment ne pas répéter les erreurs de l’Allemagne.

Sauf improbable retournement de situation, la Suisse ne reviendra pas sur sa décision de fermer à terme ses centrales nucléaires. Ce postulat posé, ce qui compte pour les entreprises, c’est que la politique énergétique vise en priorité à assurer la sécurité d’approvisionnement à des prix compétitifs. A ce jour cependant, les patrons sont inquiets, tant le mot « taxe » revient dans les discussions. Les entreprises accomplissent d’ores et déjà de nombreux et coûteux efforts pour maîtriser leur consommation d’énergie. Il ne faudrait pas les étrangler avec trop de nouvelles contraintes qui risqueraient de mettre à mal leur compétitivité.

Il appartient au Parlement fédéral de donner une direction claire à la politique énergétique tout en prévoyant suffisamment de souplesse pour que cette politique puisse être adaptée à un contexte politique et technologique en constante évolution. Si le Parlement ne cède pas à la tentation de l’hyper-régulation, Energie 2050 peut être une chance pour l’économie suisse qui a depuis longtemps démontré ses facultés d’adaptation et sa capacité à œuvrer en faveur des économies d’énergie.

Le débat sur la politique énergétique débutera dans deux jours, mais c’est pour de très nombreux mois qu’il s’inscrit à l’agenda politique, car plusieurs initiatives sur le même thème sont dans le « pipeline ». Et qu’un autre morceau de choix et de poids suivra, à savoir la seconde étape de l’ouverture du marché suisse de l’électricité.

 

15:18 Publié dans Energie, Environnement, Politique suisse | Tags : énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |