19/02/2015

Energie : il faut aussi penser aux entreprises

Suite à la hausse brutale du franc et aux turbulences économiques qui s’annoncent, la nécessité pour les entreprises de maîtriser leurs charges et de sauver des marges sous pression prend une acuité nouvelle. La stratégie énergétique 2050, actuellement en discussion aux Chambres, doit être appréciée à cette aune. L’énergie représente en effet un facteur de production essentiel et des coûts significatifs, spécialement pour l’industrie et l’artisanat.

Si la CCIG peut partager le souhait de rénover la politique énergétique, le projet doit davantage tenir compte des réalités économiques et mieux équilibrer les intérêts en présence. En l’état, il entraînera de nombreuses charges supplémentaires pour les entreprises. Des mesures dirigistes ont souvent pris le pas sur des solutions orientées sur le marché, mieux à même de préserver la souplesse nécessaire pour s’adapter aux changements.

Trois points méritent une attention particulière. Tout d’abord, le plafond de la RPC (rétribution à prix coûtant) a été porté à 2,3 centimes au lieu du 1,5 centime actuel. A ce taux, ce sont 800 millions de charges annuelles supplémentaires pour les entreprises.

Ensuite, la taxe CO2 doit être maintenue au niveau actuel. Le Conseil national a augmenté le plafond des subventions destinées à l’assainissement des bâtiments, sans toucher à cette taxe sur le CO2. Manifestement, cette situation ne pourrait perdurer. Une hausse coûterait très cher aux entreprises, aux locataires et aux propriétaires, qui en ont déjà subi une récemment.

Enfin, en matière d’efficacité énergétique, nous sommes convaincus que l’incitation est plus efficace que le bonus-malus.

La promotion des énergies renouvelables ne doit pas être un simple dogme mais une procéder d’une véritable réflexion économique.

 

19/01/2015

Electricité : évitons l’isolement !

Europe_night.pngDepuis le 1er janvier 2015, l’Union européenne jouit d’un marché de l’électricité globalisé. Le résultat d’un processus entamé depuis une dizaine d’années et dont la Suisse, faute d’accord signé en la matière, ne fera pas partie.

Face à la construction de ce marché européen, la Suisse a perdu de son influence politique et la place centrale qu’elle détenait en Europe en la matière.  Depuis ce 1er janvier 2015, elle est même considérée comme un Etat tiers par l’Union européenne dans ce secteur.

Ce constat, relevé hier lors du 9e Congrès suisse de l’électricité, irrite et inquiète : les conséquences de cet isolement engendreront tôt ou tard des coûts supplémentaires pour les entreprises, privées de cet accès au marché européen.Une note salée qui s’ajoute à celle de la Stratégie énergétique 2050, actuellement débattue à Berne. Le paquet de mesures adopté par le Conseil national en décembre dernier laisse en effet présager une hausse du prix de l’électricité et de nouvelles taxes énergétiques. Le tout, alors que le prix de l’électricité sur les marchés continue de baisser…

La Suisse subit à nouveau les conséquences d’un vote – celui du 9 février 2014 – qui la conduit aujourd’hui dans l’impasse. En l’absence de solution institutionnelle avec l’Union Européenne, aucun nouvel accord ne sera signé. Bruxelles l’a réitéré fermement.

En plein tournant énergétique, la Suisse a pourtant cruellement besoin d’un accord sur l’électricité avec son partenaire européen. Ne serait-ce que pour assurer la sécurité de son approvisionnement. Négocié depuis 2008, le texte est techniquement mûr. Il ne manque que la volonté politique pour signer.

15/12/2014

En douceur… sauf la facture

Au terme du plus long débat de son histoire (24 heures) le Conseil national a accepté la Stratégie énergétique 2050, qui consacre la sortie du nucléaire mais en douceur. En effet, si aucune nouvelle centrale ne sera plus construite, celles en fonction actuellement pourront continuer de produire aussi longtemps qu’elles passeront les tests d’inspection. Pour plusieurs d’entre elles, cela signifie qu’elles fonctionneront au-delà de 2050. Sachant que près de 40% de l’électricité suisse est produite par les centrales nucléaires, ce n’est assurément pas une mauvaise nouvelle.

Le vote consacre aussi les objectifs de réduction de la consommation d’énergie et d’électricité ainsi que le développement des nouvelles énergies renouvelables (NER). Ceux-ci sont potentiellement lourds de conséquences pour l’économie. Tout d’abord, de quelle manière les économies d’énergie, extrêmement ambitieuses (-16% d’ici 2020), seront-elles obtenues ? Les programmes d’incitation et l’amélioration de l’efficience énergétique peuvent difficilement atteindre un tel objectif. Cela signifie que le risque de rationnement nous pend au nez. Ensuite, les NER seront financées par une taxe de 2,3 cts / kWh au lieu de 1,5 ct. Les moyens destinés à l’assainissement énergétique des bâtiments vont par ailleurs augmenter considérablement. En d’autres termes, les consommateurs vont passer à la caisse.

L’industrie, et l’économie en général, seront donc touchées deux fois. Nous sommes convaincus qu’il est pourtant possible de définir une politique énergétique qui ménage les ressources sans plomber l’économie. La balle est à présent dans le camp du Conseil des Etats et, peut-être, du peuple, en cas de référendum.