03/10/2013

Le 31 décembre : c’est rideau pour les commerces !

commerce de détail,syndicat,fermeture,réveillon,31 décembreLe 31 décembre, jour de la restauration de la République, est un jour férié à Genève, mais traditionnellement les magasins sont ouverts jusqu’à 17 heures. La loi sur les heures d’ouverture des magasins permet en effet une dérogation en cas d’accord entre les partenaires sociaux. Accord, il n’y a hélas pas cette année et, sauf revirement de dernière minute, les magasins genevois seront fermés le 31 décembre prochain. Alors que le commerce local est à la peine, il est désolant d’arriver à pareille situation de blocage.

Le mot « accord » inscrit dans la loi est vague et, avant l’existence de la convention collective cadre du commerce de détail, la ratification d’un protocole par les syndicats et les employeurs suffisait. Celui-ci devait simplement fixer les compensations à accorder au personnel travaillant le 31, compensations qui se montaient à 200% du salaire et un jour de congé. Depuis 2011, le secteur n’a plus de convention et le dialogue entre les partenaires sociaux s’est considérablement durci. La situation est aujourd’hui bloquée car les syndicats revendiquent des hausses de salaires impossibles à assumer par les petits et moyens commerces.

Si la réunion de la dernière chance, prévue avec le Département de l’économie le 10 octobre, se solde par un échec définitif, point d’ouverture le 31 décembre. Ce sera une perte sèche pour les commerces genevois et leurs employés. Les commerçants français et vaudois se frottent déjà les mains de cette nouvelle Genferei.

25/09/2013

Libre circulation: entre slogans et contre-vérités

En ces temps de campagne électorale, le thème de l’immigration revient sur le devant de la scène. Canton frontalier, qui accuse le taux de chômage le plus élevé de Suisse, Genève figure aux avant-postes de ces débats, au cours desquels la question est principalement abordée sous l’angle de l’impact que la libre circulation des personnes avec l’Union européenne a sur le marché du travail.

Et ce débat est sain. En effet, si les accords bilatéraux avec l’Union européenne profitent à la Suisse de manière générale, des défis demeurent auxquels il faut s’attaquer. En première ligne de ces défis figurent l’application efficace des mesures d’accompagnement à la libre circulation et le respect des normes suisses en matière de droit du travail et de pratique salariale.

Malheureusement, de nombreuses contre-vérités circulent aujourd’hui sur la place publique, souvent colportées par des partis et des organisations qui ont intérêt à effrayer la population. Pour cette raison, il est indispensable de rétablir la réalité des faits. En effet, pour que des réponses efficaces soient apportées aux défis de la libre circulation, il faut tout d’abord savoir poser les bonnes questions et choisir les bons combats à mener.

Les arguments de l’économie sont connus. Sans main-d’œuvre étrangère, qu’elle soit immigrée ou frontalière, de nombreux secteurs et entreprises ne pourraient pas se développer. Le taux de chômage en Suisse, actuellement de 3%, correspond en effet quasiment à une situation de plein emploi. Le triste record genevois ne résulte pas de la libre circulation, car Genève connaissait déjà le taux de chômage le plus élevé de Suisse avant l’entrée en vigueur de l’accord entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Pourtant, une partie de la population continue à croire que la libre circulation engendre pressions sur les salaires ou ostracisme des travailleurs résidants au profit des travailleurs immigrés ou frontaliers. Si ces craintes se révèlent majoritairement infondées, elles n’en appellent pas moins des réponses circonstanciées allant au-delà du simple constat de pénurie de main-d’œuvre indigène.

Il n’est pas question de nier que la libre circulation a amené son lot de défis à relever. Cependant, la Suisse a su adopter des mesures d’accompagnement efficaces, qui ont été continuellement renforcées depuis leur entrée en vigueur. Ces mesures et les contrôles effectués par les organes tripartites regroupant représentants syndicaux, patronaux et étatiques, sont le garant que la libre circulation des personnes ne se traduise pas par une détérioration des conditions de travail qui prévalent dans le pays.

Lire mon article.

18/09/2013

La démocratie prise en otage

Un des sujets de votation du 22 septembre concerne les magasins des stations-service. « Non à la journée de 24h » et « stop au travail sans fin » sont les deux slogans ressassés par les tenants du NON. Pourquoi pas. Seulement, ce n’est pas le sujet du vote. Deux explications sont donc à envisager pour expliquer ce décalage.

La première, qui devrait d’emblée être écartée tant elle paraît farfelue, est que les auteurs de ces messages ont des problèmes de compréhension de texte. Cela expliquerait leur incapacité à assimiler qu’un OUI n’entraînera pas une minute de travail supplémentaire pour quiconque mais qu’elle permettra en réalité aux magasins de stations-service de ne plus devoir baisser le rideau sur une partie de leurs rayons entre 1h et 5h du matin.

La seconde, beaucoup plus problématique pour la démocratie directe, est que cet amalgame fallacieux est délibéré. Les opposants chercheraient par conséquent sciemment à tromper la population en jouant sur une corde sensible, sans aucun rapport avec l’objet du vote, mais potentiellement plus porteuse pour eux. Ils utiliseraient la votation du 22 septembre pour préparer le terrain en vue de futurs combats, qu’ils ne procéderaient pas autrement.

La démocratie directe ne peut fonctionner que si la population dispose d’une information honnête – qui peut être partisane – pour que chacun se forge une opinion éclairée. La dérive constatée lors de cette campagne est regrettable et inquiétante. La fin ne doit pas justifier l’usage de tous les moyens et prendre la démocratie en otage est inacceptable. La réponse qui s’impose est de glisser un OUI dans l’urne comme le recommandent le Conseil fédéral et le Parlement.