18/09/2013

La démocratie prise en otage

Un des sujets de votation du 22 septembre concerne les magasins des stations-service. « Non à la journée de 24h » et « stop au travail sans fin » sont les deux slogans ressassés par les tenants du NON. Pourquoi pas. Seulement, ce n’est pas le sujet du vote. Deux explications sont donc à envisager pour expliquer ce décalage.

La première, qui devrait d’emblée être écartée tant elle paraît farfelue, est que les auteurs de ces messages ont des problèmes de compréhension de texte. Cela expliquerait leur incapacité à assimiler qu’un OUI n’entraînera pas une minute de travail supplémentaire pour quiconque mais qu’elle permettra en réalité aux magasins de stations-service de ne plus devoir baisser le rideau sur une partie de leurs rayons entre 1h et 5h du matin.

La seconde, beaucoup plus problématique pour la démocratie directe, est que cet amalgame fallacieux est délibéré. Les opposants chercheraient par conséquent sciemment à tromper la population en jouant sur une corde sensible, sans aucun rapport avec l’objet du vote, mais potentiellement plus porteuse pour eux. Ils utiliseraient la votation du 22 septembre pour préparer le terrain en vue de futurs combats, qu’ils ne procéderaient pas autrement.

La démocratie directe ne peut fonctionner que si la population dispose d’une information honnête – qui peut être partisane – pour que chacun se forge une opinion éclairée. La dérive constatée lors de cette campagne est regrettable et inquiétante. La fin ne doit pas justifier l’usage de tous les moyens et prendre la démocratie en otage est inacceptable. La réponse qui s’impose est de glisser un OUI dans l’urne comme le recommandent le Conseil fédéral et le Parlement.

12/09/2013

Naissance à la Corraterie

Brachard.jpgPar essence, l’entrepreneur crée et innove sans cesse. Deux entreprises genevoises viennent d’en apporter une nouvelle preuve : Caran d’Ache ouvrait ce 12 septembre un « corner » chez Brachard & Cie. Magnifique illustration de dynamisme et de créativité que la manufacture de haute écriture, fondée en 1915, et la plus célèbre papeterie de Genève, née en 1839, offre désormais à la population genevoise.

Chacune dans son domaine, ces deux entreprises témoignent que le commerce et l’industrie sont encore bien vivants à Genève, grâce au talent de leurs dirigeants. Notre canton n’est pas qu’un centre de la finance et la diversité du tissu économique est précieuse, qu’il s’agisse d’entreprises tournées vers la clientèle locale, comme Brachard & Cie, ou vers l’exportation, comme Caran d’Ache.

Le commerce genevois lutte depuis des années avec acharnement pour sauvegarder son attractivité pour la clientèle locale, en dépit de l’attrait exercé par les commerces français aidés par la faiblesse de l’euro, des horaires adaptés aux besoins des clients et de leur facilité d’accès. Qui, en France, oserait imaginer que les commerces soient fermés le 31 décembre par exemple ou qu’un centre-ville piéton soit dépourvu de parkings proches ? A Genève, non seulement, on ose l’imaginer, mais c’est hélas la triste réalité.

L’industrie aussi doit se battre pour continuer à survivre chez nous au lieu de s’expatrier sous des cieux où les charges soient moins élevées et les contraintes administratives et fiscales moins lourdes.

L’un des plus gros chantiers politiques de la prochaine législature concernera la fiscalité. Il s’agira de réformer l’imposition des entreprises et d’instaurer un taux cantonal unique et modéré. Neuchâtel a déjà fait le pas. Il faudra aussi préserver et développer les possibilités d’allégements fiscaux (strictement conditionnés) qui sont des instruments utiles pour créer des emplois et enfin supprimer progressivement la taxe professionnelle communale.

Les entreprises n’ont pas besoin d’être protégées. Elles ont simplement besoin de conditions-cadres qui leur permettent de prospérer, pas pour enrichir leurs actionnaires, mais pour maintenir et créer des emplois ici.

 

09/08/2013

Je défends les entreprises et j’assume

PLR, Grand ConseilIl a suffi de poster sur Facebook une affichette montrant le visage de cinq candidats PLR (dont l’auteur de ces lignes) sous le slogan « Dédiés à l’économie » pour s’attirer les foudres (c’est la saison en même temps !) d’une candidate de la gauche dure clamant que « le libéralisme n’a pas le monopole du mot économie », paraphrasant – de manière cocasse, mais un peu « datée»– un ancien président de la République française … de droite.

 

Et la candidate de poursuivre : on va voir ce qu’on va voir, l’extrême-gauche va revenir au Grand Conseil le 6 octobre et il en sera fini de ceux qui sont au service de « la voracité de quelques requins », des « gros actionnaires des grosses sociétés » et des « sociétés de trading qui (…) sont des grosses vilaines antipathiques qui puent du bec » (sic). Tant de clichés en si peu de lignes !

 

Quelques précisions s’imposent donc.

 

Défendre l’économie, c’est naturellement défendre les quelque 300 grandes entreprises qui assurent plus de 79'500 emplois à Genève mais c’est aussi - et surtout défendre - les 20'958 PME qui représentent 98,6% des entreprises à Genève et qui fournissent près de 150'000 emplois (OCSTAT,chiffres de 2008). C’est défendre les branches qui sont les plus gros contribuables du canton (services financiers, commerce de gros, horlogerie), mais aussi le commerce de détail, par exemple.

 

Défendre l’économie, c’est défendre l’économie locale, l’économie des ressources, la diversité du tissu économique. C’est aussi s’engager pour un Etat économe et des finances publiques saines.

 

Défendre l’économie, c’est défendre les entrepreneurs qui créent des emplois et assurent, grâce à leurs impôts, le filet social dont les mailles sont bien serrées à Genève. Ce n’est pas cautionner de rares dérives, par exemple les parachutes dorés.

 

Défendre l’économie, c’est défendre toutes les entreprises de manière équilibrée, parce qu’il n’y a pas d’un côté les gentilles entreprises sociales et solidaires, la jolie économie verte et de l’autre les gros vilains riches et la méchante économie qui pollue.

 

Défendre l’économie, c’est enfin défendre les contribuables, qui paient beaucoup d’impôts pour permettre à 30% des citoyens de ne pas en payer du tout.