19/02/2015

Energie : il faut aussi penser aux entreprises

Suite à la hausse brutale du franc et aux turbulences économiques qui s’annoncent, la nécessité pour les entreprises de maîtriser leurs charges et de sauver des marges sous pression prend une acuité nouvelle. La stratégie énergétique 2050, actuellement en discussion aux Chambres, doit être appréciée à cette aune. L’énergie représente en effet un facteur de production essentiel et des coûts significatifs, spécialement pour l’industrie et l’artisanat.

Si la CCIG peut partager le souhait de rénover la politique énergétique, le projet doit davantage tenir compte des réalités économiques et mieux équilibrer les intérêts en présence. En l’état, il entraînera de nombreuses charges supplémentaires pour les entreprises. Des mesures dirigistes ont souvent pris le pas sur des solutions orientées sur le marché, mieux à même de préserver la souplesse nécessaire pour s’adapter aux changements.

Trois points méritent une attention particulière. Tout d’abord, le plafond de la RPC (rétribution à prix coûtant) a été porté à 2,3 centimes au lieu du 1,5 centime actuel. A ce taux, ce sont 800 millions de charges annuelles supplémentaires pour les entreprises.

Ensuite, la taxe CO2 doit être maintenue au niveau actuel. Le Conseil national a augmenté le plafond des subventions destinées à l’assainissement des bâtiments, sans toucher à cette taxe sur le CO2. Manifestement, cette situation ne pourrait perdurer. Une hausse coûterait très cher aux entreprises, aux locataires et aux propriétaires, qui en ont déjà subi une récemment.

Enfin, en matière d’efficacité énergétique, nous sommes convaincus que l’incitation est plus efficace que le bonus-malus.

La promotion des énergies renouvelables ne doit pas être un simple dogme mais une procéder d’une véritable réflexion économique.

 

13/03/2014

Financement de la route : la partie s’annonce serrée

 Financement+sp%C3%A9cial+de+la+circulation+routi%C3%A8re+et+fonds+pour+les+routes+nationales+et+le+trafic+d%E2%80%99agglom%C3%A9ration+%28FORTA%29.pngLes infrastructures de transport de l’arc lémanique souffrent d’un retard accumulé depuis des décennies, retard qui ne saurait être toléré plus longtemps.

Le Conseil fédéral a mis en consultation la création du « fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération » (FORTA), ainsi qu’un programme de développement des routes nationales (PRODES), comprenant les travaux d’extension financés d’ici 2030 ou 2040. Ce projet est supposé être le pendant routier du « FAIF » ferroviaire plébiscité en votation le 9 février dernier. La Confédération aurait-elle enfin compris l’urgence de mettre sur pied un mode de financement de la route répondant aux aspirations des usagers ?

A ce stade, il est permis d’en douter. Il est ainsi question d’augmenter la surtaxe sur l’essence alors que les taxes routières continuent à financer le rail. La pilule serait moins amère à avaler si les infrastructures y trouvaient leur compte via le PRODES. Mais la déception prédomine. Sous prétexte du rejet du renchérissement de la vignette autoroutière, le Conseil fédéral supprime les projets de contournement de Morges et d’autoroute du Glattal à Zurich. C’est une erreur politique. D’autant que le projet de second tube au Saint-Gothard, axe nettement moins sous pression, est lui maintenu au titre de l’entretien du réseau existant. En définitive, alors que les besoins sont urgents, le PRODES ne prévoit quasiment pas de nouvelles infrastructures pour Genève et l’arc lémanique par rapport à ce qui a déjà été décidé… Aucune trace non plus de la Traversée du lac. 

Si les besoins de l’arc lémanique ne sont pas pris en compte à l’issue de la procédure de consultation, il ne sera pas aisé d’obtenir des Genevois et des Vaudois qu’ils soutiennent avec enthousiasme le projet de deuxième tube au Saint-Gothard; de même, il sera entrepris une forte pesée d’intérêts avant de songer à accepter une hausse du prix de l’essence. N’oublions pas, non plus, que près de 115'000 signatures viennent d’être déposées en faveur de l’initiative dite « vache à lait » qui exige que les impôts et redevances versés à l'Etat par les usagers de la route profitent effectivement à la route. C’est dire si la partie s’annonce serrée.

08/01/2014

Surmonter la peur de « l’étranger »

peur.jpgLes partisans de l’initiative visant à limiter « l’immigration de masse » font de « l’étranger » le responsable de nos problèmes de sécurité, de chômage, de logement, d’engorgement des routes, des trains, etc. Ces problèmes préoccupent la population, et les autorités sont tenues d’y apporter des réponses : construire pour loger nos enfants, adapter nos infrastructures, poursuivre la lutte contre le chômage même si la Suisse affiche quasiment le taux le plus bas du monde. Fermer nos frontières n’est pas la solution.

Au cœur d’une Europe ballottée par les crises, il est compréhensible que les Suisses craignent « la contagion ». La population a besoin d’être rassurée par des leaders qui ne se contentent pas de répéter : « tout va bien, Madame la Marquise ». Des bibliothèques entières d’études démontrent que les travailleurs étrangers apportent leur pierre à la prospérité helvétique. Mais voilà, on ne rassure pas à coups de statistiques, voire de menaces d’une résiliation des accords bilatéraux.

Les travailleurs européens peuvent s’établir s’ils sont au bénéfice d’un contrat de travail. Cela signifie donc bien qu’ils répondent à un besoin. Sans préjudice pour les résidents, car les salaires réels ont augmenté, en Suisse, plus rapidement depuis l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes qu’au cours des dix années précédentes et les hausses sont les plus fortes au bas de l’échelle des salaires.

Si une partie de la population suisse pense que notre pays peut continuer à prospérer en coupant les ponts avec ses voisins européens, elle est dans l’erreur car notre pays n’est pas une île. Les accords bilatéraux avec l’Union européenne sont indispensables ; ils ouvrent à nos produits et à nos services l’accès au marché intérieur européen dans des domaines qui ne sont pas couverts par des accords de libre-échange. Nous en avons besoin pour préserver une prospérité et un quasi plein-emploi qui n’a pas d’équivalent autour de nous.