08/01/2014

Surmonter la peur de « l’étranger »

peur.jpgLes partisans de l’initiative visant à limiter « l’immigration de masse » font de « l’étranger » le responsable de nos problèmes de sécurité, de chômage, de logement, d’engorgement des routes, des trains, etc. Ces problèmes préoccupent la population, et les autorités sont tenues d’y apporter des réponses : construire pour loger nos enfants, adapter nos infrastructures, poursuivre la lutte contre le chômage même si la Suisse affiche quasiment le taux le plus bas du monde. Fermer nos frontières n’est pas la solution.

Au cœur d’une Europe ballottée par les crises, il est compréhensible que les Suisses craignent « la contagion ». La population a besoin d’être rassurée par des leaders qui ne se contentent pas de répéter : « tout va bien, Madame la Marquise ». Des bibliothèques entières d’études démontrent que les travailleurs étrangers apportent leur pierre à la prospérité helvétique. Mais voilà, on ne rassure pas à coups de statistiques, voire de menaces d’une résiliation des accords bilatéraux.

Les travailleurs européens peuvent s’établir s’ils sont au bénéfice d’un contrat de travail. Cela signifie donc bien qu’ils répondent à un besoin. Sans préjudice pour les résidents, car les salaires réels ont augmenté, en Suisse, plus rapidement depuis l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes qu’au cours des dix années précédentes et les hausses sont les plus fortes au bas de l’échelle des salaires.

Si une partie de la population suisse pense que notre pays peut continuer à prospérer en coupant les ponts avec ses voisins européens, elle est dans l’erreur car notre pays n’est pas une île. Les accords bilatéraux avec l’Union européenne sont indispensables ; ils ouvrent à nos produits et à nos services l’accès au marché intérieur européen dans des domaines qui ne sont pas couverts par des accords de libre-échange. Nous en avons besoin pour préserver une prospérité et un quasi plein-emploi qui n’a pas d’équivalent autour de nous.

03/10/2013

Le 31 décembre : c’est rideau pour les commerces !

commerce de détail,syndicat,fermeture,réveillon,31 décembreLe 31 décembre, jour de la restauration de la République, est un jour férié à Genève, mais traditionnellement les magasins sont ouverts jusqu’à 17 heures. La loi sur les heures d’ouverture des magasins permet en effet une dérogation en cas d’accord entre les partenaires sociaux. Accord, il n’y a hélas pas cette année et, sauf revirement de dernière minute, les magasins genevois seront fermés le 31 décembre prochain. Alors que le commerce local est à la peine, il est désolant d’arriver à pareille situation de blocage.

Le mot « accord » inscrit dans la loi est vague et, avant l’existence de la convention collective cadre du commerce de détail, la ratification d’un protocole par les syndicats et les employeurs suffisait. Celui-ci devait simplement fixer les compensations à accorder au personnel travaillant le 31, compensations qui se montaient à 200% du salaire et un jour de congé. Depuis 2011, le secteur n’a plus de convention et le dialogue entre les partenaires sociaux s’est considérablement durci. La situation est aujourd’hui bloquée car les syndicats revendiquent des hausses de salaires impossibles à assumer par les petits et moyens commerces.

Si la réunion de la dernière chance, prévue avec le Département de l’économie le 10 octobre, se solde par un échec définitif, point d’ouverture le 31 décembre. Ce sera une perte sèche pour les commerces genevois et leurs employés. Les commerçants français et vaudois se frottent déjà les mains de cette nouvelle Genferei.

25/09/2013

Libre circulation: entre slogans et contre-vérités

En ces temps de campagne électorale, le thème de l’immigration revient sur le devant de la scène. Canton frontalier, qui accuse le taux de chômage le plus élevé de Suisse, Genève figure aux avant-postes de ces débats, au cours desquels la question est principalement abordée sous l’angle de l’impact que la libre circulation des personnes avec l’Union européenne a sur le marché du travail.

Et ce débat est sain. En effet, si les accords bilatéraux avec l’Union européenne profitent à la Suisse de manière générale, des défis demeurent auxquels il faut s’attaquer. En première ligne de ces défis figurent l’application efficace des mesures d’accompagnement à la libre circulation et le respect des normes suisses en matière de droit du travail et de pratique salariale.

Malheureusement, de nombreuses contre-vérités circulent aujourd’hui sur la place publique, souvent colportées par des partis et des organisations qui ont intérêt à effrayer la population. Pour cette raison, il est indispensable de rétablir la réalité des faits. En effet, pour que des réponses efficaces soient apportées aux défis de la libre circulation, il faut tout d’abord savoir poser les bonnes questions et choisir les bons combats à mener.

Les arguments de l’économie sont connus. Sans main-d’œuvre étrangère, qu’elle soit immigrée ou frontalière, de nombreux secteurs et entreprises ne pourraient pas se développer. Le taux de chômage en Suisse, actuellement de 3%, correspond en effet quasiment à une situation de plein emploi. Le triste record genevois ne résulte pas de la libre circulation, car Genève connaissait déjà le taux de chômage le plus élevé de Suisse avant l’entrée en vigueur de l’accord entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Pourtant, une partie de la population continue à croire que la libre circulation engendre pressions sur les salaires ou ostracisme des travailleurs résidants au profit des travailleurs immigrés ou frontaliers. Si ces craintes se révèlent majoritairement infondées, elles n’en appellent pas moins des réponses circonstanciées allant au-delà du simple constat de pénurie de main-d’œuvre indigène.

Il n’est pas question de nier que la libre circulation a amené son lot de défis à relever. Cependant, la Suisse a su adopter des mesures d’accompagnement efficaces, qui ont été continuellement renforcées depuis leur entrée en vigueur. Ces mesures et les contrôles effectués par les organes tripartites regroupant représentants syndicaux, patronaux et étatiques, sont le garant que la libre circulation des personnes ne se traduise pas par une détérioration des conditions de travail qui prévalent dans le pays.

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