25/09/2013

Libre circulation: entre slogans et contre-vérités

En ces temps de campagne électorale, le thème de l’immigration revient sur le devant de la scène. Canton frontalier, qui accuse le taux de chômage le plus élevé de Suisse, Genève figure aux avant-postes de ces débats, au cours desquels la question est principalement abordée sous l’angle de l’impact que la libre circulation des personnes avec l’Union européenne a sur le marché du travail.

Et ce débat est sain. En effet, si les accords bilatéraux avec l’Union européenne profitent à la Suisse de manière générale, des défis demeurent auxquels il faut s’attaquer. En première ligne de ces défis figurent l’application efficace des mesures d’accompagnement à la libre circulation et le respect des normes suisses en matière de droit du travail et de pratique salariale.

Malheureusement, de nombreuses contre-vérités circulent aujourd’hui sur la place publique, souvent colportées par des partis et des organisations qui ont intérêt à effrayer la population. Pour cette raison, il est indispensable de rétablir la réalité des faits. En effet, pour que des réponses efficaces soient apportées aux défis de la libre circulation, il faut tout d’abord savoir poser les bonnes questions et choisir les bons combats à mener.

Les arguments de l’économie sont connus. Sans main-d’œuvre étrangère, qu’elle soit immigrée ou frontalière, de nombreux secteurs et entreprises ne pourraient pas se développer. Le taux de chômage en Suisse, actuellement de 3%, correspond en effet quasiment à une situation de plein emploi. Le triste record genevois ne résulte pas de la libre circulation, car Genève connaissait déjà le taux de chômage le plus élevé de Suisse avant l’entrée en vigueur de l’accord entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Pourtant, une partie de la population continue à croire que la libre circulation engendre pressions sur les salaires ou ostracisme des travailleurs résidants au profit des travailleurs immigrés ou frontaliers. Si ces craintes se révèlent majoritairement infondées, elles n’en appellent pas moins des réponses circonstanciées allant au-delà du simple constat de pénurie de main-d’œuvre indigène.

Il n’est pas question de nier que la libre circulation a amené son lot de défis à relever. Cependant, la Suisse a su adopter des mesures d’accompagnement efficaces, qui ont été continuellement renforcées depuis leur entrée en vigueur. Ces mesures et les contrôles effectués par les organes tripartites regroupant représentants syndicaux, patronaux et étatiques, sont le garant que la libre circulation des personnes ne se traduise pas par une détérioration des conditions de travail qui prévalent dans le pays.

Lire mon article.

18/09/2013

La démocratie prise en otage

Un des sujets de votation du 22 septembre concerne les magasins des stations-service. « Non à la journée de 24h » et « stop au travail sans fin » sont les deux slogans ressassés par les tenants du NON. Pourquoi pas. Seulement, ce n’est pas le sujet du vote. Deux explications sont donc à envisager pour expliquer ce décalage.

La première, qui devrait d’emblée être écartée tant elle paraît farfelue, est que les auteurs de ces messages ont des problèmes de compréhension de texte. Cela expliquerait leur incapacité à assimiler qu’un OUI n’entraînera pas une minute de travail supplémentaire pour quiconque mais qu’elle permettra en réalité aux magasins de stations-service de ne plus devoir baisser le rideau sur une partie de leurs rayons entre 1h et 5h du matin.

La seconde, beaucoup plus problématique pour la démocratie directe, est que cet amalgame fallacieux est délibéré. Les opposants chercheraient par conséquent sciemment à tromper la population en jouant sur une corde sensible, sans aucun rapport avec l’objet du vote, mais potentiellement plus porteuse pour eux. Ils utiliseraient la votation du 22 septembre pour préparer le terrain en vue de futurs combats, qu’ils ne procéderaient pas autrement.

La démocratie directe ne peut fonctionner que si la population dispose d’une information honnête – qui peut être partisane – pour que chacun se forge une opinion éclairée. La dérive constatée lors de cette campagne est regrettable et inquiétante. La fin ne doit pas justifier l’usage de tous les moyens et prendre la démocratie en otage est inacceptable. La réponse qui s’impose est de glisser un OUI dans l’urne comme le recommandent le Conseil fédéral et le Parlement.

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12/09/2013

Naissance à la Corraterie

Brachard.jpgPar essence, l’entrepreneur crée et innove sans cesse. Deux entreprises genevoises viennent d’en apporter une nouvelle preuve : Caran d’Ache ouvrait ce 12 septembre un « corner » chez Brachard & Cie. Magnifique illustration de dynamisme et de créativité que la manufacture de haute écriture, fondée en 1915, et la plus célèbre papeterie de Genève, née en 1839, offre désormais à la population genevoise.

Chacune dans son domaine, ces deux entreprises témoignent que le commerce et l’industrie sont encore bien vivants à Genève, grâce au talent de leurs dirigeants. Notre canton n’est pas qu’un centre de la finance et la diversité du tissu économique est précieuse, qu’il s’agisse d’entreprises tournées vers la clientèle locale, comme Brachard & Cie, ou vers l’exportation, comme Caran d’Ache.

Le commerce genevois lutte depuis des années avec acharnement pour sauvegarder son attractivité pour la clientèle locale, en dépit de l’attrait exercé par les commerces français aidés par la faiblesse de l’euro, des horaires adaptés aux besoins des clients et de leur facilité d’accès. Qui, en France, oserait imaginer que les commerces soient fermés le 31 décembre par exemple ou qu’un centre-ville piéton soit dépourvu de parkings proches ? A Genève, non seulement, on ose l’imaginer, mais c’est hélas la triste réalité.

L’industrie aussi doit se battre pour continuer à survivre chez nous au lieu de s’expatrier sous des cieux où les charges soient moins élevées et les contraintes administratives et fiscales moins lourdes.

L’un des plus gros chantiers politiques de la prochaine législature concernera la fiscalité. Il s’agira de réformer l’imposition des entreprises et d’instaurer un taux cantonal unique et modéré. Neuchâtel a déjà fait le pas. Il faudra aussi préserver et développer les possibilités d’allégements fiscaux (strictement conditionnés) qui sont des instruments utiles pour créer des emplois et enfin supprimer progressivement la taxe professionnelle communale.

Les entreprises n’ont pas besoin d’être protégées. Elles ont simplement besoin de conditions-cadres qui leur permettent de prospérer, pas pour enrichir leurs actionnaires, mais pour maintenir et créer des emplois ici.

 

23:07 Publié dans Economie, Genève | Tags : brachard, caran d'ache, centre-ville, emploi, fiscalité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |