19/11/2013

Financement de l’infrastructure ferroviaire : un oui de raison pour Genève

teaser-luzern.jpgLe pragmatisme doit parfois l’emporter sur le purisme idéologique. C’est le cas, à notre avis, du financement futur de l’infrastructure ferroviaire (FAIF), qui sera soumis en votation populaire le 9 février 2014.

Fort peu de monde comprend l’architecture complexe du financement de l’entretien et l’aménagement des 5'200 kilomètres de réseau ferroviaire suisse. Le schéma ci-dessous (repris du site de l’Office fédéral des transports) se veut une tentative d’explication sommaire:

 

 

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Ce qu’il faut retenir, c’est qu’à l’heure actuelle, la route (une partie de la taxe-poids lourds et de l'impôt sur les huiles minérales sert en partie à financer le rail et non les infrastructures routières, qui ont pourtant elles aussi besoin d’être entretenues et développées). Le projet soumis au peuple ne permettra pas de « désenchevêtrer » ces flux financiers. Il les pérennisera même d’une certaine façon.

Le FAIF est cependant un moindre mal face à l’initiative de l’Association Transports et Environnement (ATE), déposée en 2009, qui demandait un transfert massif – au profit du rail - de l’impôt sur les huiles minérales qui bénéficie jusqu’ici au trafic routier. Quatre ans de négociations ont été nécessaires pour élaborer le projet FAIF et convaincre l’ATE de retirer son initiative.

Qu’est-ce qui sera financé par FAIF ? En parallèle du fort développement de l’infrastructure visant à améliorer l’offre, FAIF comprend la création d’un fonds financier réservé au rail, le fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF). Les ressources affectées à l'entretien du réseau ferré suisse et celles qui sont destinées à son aménagement sont séparées actuellement. FAIF les réunira dans un seul et même fonds, le FIF.

Compte tenu de la forte hausse de la demande attendue ces prochaines années, les fonds actuels ont été jugés insuffisants. Les ressources actuelles couvriront environ 80% du FIF. Le Parlement fédéral a accepté de nouvelles recettes qui proviendront de la Confédération, des cantons, des contribuables, des consommateurs, ainsi que, indirectement des usagers du train et des entreprises ferroviaires.

Le nouveau fonds sera ainsi doté d’environ 5 milliards de francs par an, soit un milliard de plus qu’aujourd’hui.

Le projet assurera le financement de l'infrastructure ferroviaire et, point déterminant, il permettra de réaliser les infrastructures essentielles pour la région lémanique et pour Genève, en particulier l’extension de la gare de Cornavin.

Point négatif qui fait tiquer certains: il cimente, en le renforçant même, le financement du rail par la route. Cependant, il convient de peser le pour et le contre. Avec ce nouveau fonds, la Suisse sortira enfin de la logique Nord-Sud qui a prévalu pendant des décennies, conduisant l’axe Est-Ouest à accuser un retard considérable sur le plan de la desserte ferroviaire. Genève sera un bénéficiaire important du nouveau système.

Last but not least, la Confédération prépare un Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA) qui permettra lui aussi de pérenniser le financement de l’infrastructure routière.  Pour nous, il est évident que l’un n’ira pas sans l’autre.

11/09/2013

Traversée du Lac à Genève avant 2030 : c’est possible !

traversée du lac,investissement,transportsLa traversée du lac est le plus grand projet d’infrastructure que Genève doit réaliser pour que le canton ne soit plus un des éternels points noirs du réseau routier suisse. Il y a ceux qui n’en veulent pas car les bouchons sont leur fonds de commerce. Il y a ceux qui prétendent que rien ne se fera avant 2080, car ils ont d’autres projets en tête. Et il y a ceux qui cherchent des solutions et qui en trouvent.

Plusieurs associations économiques genevoises, associées pour l’occasion à des partenaires privés, viennent ainsi de publier une étude très encourageante démontrant que la traversée du lac peut être construite avant 2030, en recourant à un partenariat public-privé, une formule encore peu courante en Suisse mais répandue sous d’autres cieux.

Avec près de 270 jours de bouchons par an, le bassin genevois est l’un des plus embouteillés de Suisse. La situation empirera si rien n’est entrepris, car d’ici à 2030, les déplacements augmenteront de près de 26%. Aussi, la traversée du Lac représente un élément-clé du plan stratégique « Mobilité 2030 » du Conseil d’Etat, mais la concrétisation du projet tarde. L’ouvrage nécessite l’engagement de la Confédération, mais elle préfère donner la priorité à l’élargissement de l’autoroute de contournement.

L’étude publiée aujourd’hui démontre que la Traversée du Lac contribuera à soulager durablement la problématique des goulets d’étranglement de toute la région. Elle pourrait ainsi délester les autres routes de près de 80'000 véhicules par jour, en reportant les déplacements entre l’est et l’ouest de l’agglomération sur le réseau autoroutier. Le développement des transports publics et de la mobilité douce dans le cœur urbain serait mis en place plus rapidement. Le gain de temps en déplacement pour les usagers de la traversée du lac serait d’environ 20 minutes par trajet aux heures de pointe.

Sur le plan financier, un test auprès d’acteurs du marché financier suisse a mis en évidence un grand intérêt pour le projet. Il est possible de le financer entièrement par des fonds privés. Cependant, si l’Etat contribuait à une partie du financement, cela faciliterait la mise en place du projet et permettrait une réduction des coûts du financement global. Enfin, l’ouvrage est ambitieux, mais réalisable sur le plan technique.

Traverser le lac en tunnel avant 2030 est donc parfaitement possible. Voilà une nouvelle qui du bien. Espérons que les autorités politiques sauront saisir la balle au bond. Si je suis élue au Grand Conseil, je me battrai pour faire avancer ce dossier, avec le soutien des autres candidats PLR.

28/08/2013

Construire un pont qui ne sert à rien n’est pas très intelligent

pont wilsdorf,tram,embouteillagesÀ lire le nombre de commentaires publiés sur le site de la Tribune de Genève à la suite de la présentation par le TCS de trois « remèdes mobilité » pour améliorer la circulation entre la Jonction et les Acacias, il est clair que Genève est sorti de sa léthargie estivale pour se replonger dans un de ses sujets de prédilection : les embouteillages.

La section genevoise du TCS propose de rétablir la circulation dans les deux sens sur la rue de l’Ecole-de-Médecine et de supprimer le bus 27 au profit d’une prolongation du tram 18 jusque Carouge, exprimant là son soutien à la pétition des habitants du quartier adoptée par le Grand Conseil fin juin et dont on attend une réponse de la part du Conseil d’Etat.

Enfin, le TCS annonce qu’il soutient la Direction générale de la mobilité dans sa volonté de réaménager la route des Acacias, un projet qui date déjà de quelques années et qui, aux dernières nouvelles, était bloqué par la Ville de Genève alors qu’il avait fait consensus dans les milieux associatifs de tous bords.

Le Groupement Transports et Economie (GTE), que je préside, n’a pas pris position au sujet du « tram de Carouge » et de la ligne 27 mais il soutient lui aussi le réaménagement de la route des Acacias et le rétablissement du double sens après le Pont Wilsdorf.

Le quartier des Acacias et celui de la Jonction comptent en effet nombre de commerces et d’entreprises dont l’accessibilité et les activités sont entravées depuis des mois. Détours invraisemblables pour les chauffeurs-livreurs, accumulation de retards pour les services de dépannage, les témoignages sont nombreux. À la clé, ce sont des pertes de temps (et donc des pertes financières) pour ces entreprises et des employés stressés. À ce jeu, les perdants semblent bien plus nombreux que les gagnants !

Auditionné par la Commission des pétitions, le Président du conseil de la Fondation Hans-Wilsdorf déclarait « Construire un pont qui ne sert à rien n’est pas très intelligent. (…) ce pont n’honore pas son objectif et nuit aux habitants et aux commerçants. (…) l’objectif de la fondation n’était pas de créer des embouteillages dans ce quartier. » Qu’ajouter de plus à pareille déclaration frappée au coin du bon sens ? Si ce n’est : que les choses changent, et vite !