22/11/2017

Taxer les places de parking : c’est non

La plénière du Grand Conseil débattra bientôt d’une motion (M 2341-A) visant à taxer les entreprises qui proposent gratuitement, ou non, des places de parking à leurs collaborateurs. Ce nouvel impôt servirait à la promotion des transports publics.

Comme toutes les métropoles, Genève connaît des embouteillages aux heures de pointe. Ceux-ci engendrent des nuisances, ralentissent les transports publics et provoquent des pertes économiques pour les entreprises. Ce constat, posé par les motionnaires, n'est pas faux. Mais la solution proposée par le MCG, appuyé par les Verts, les Socialistes et Ensemble à gauche, est une mauvaise formule. Le texte doit être refusé.

L’impôt sur les places de parking frapperait surtout les entreprises situées dans des zones excentrées et dont les employés sont des pendulaires. Employer des pendulaires est une obligation quand votre entreprise ne dispose pas d’un réservoir de main d’œuvre dans son périmètre proche ou quand elle est située dans une zone mal desservie par les transports en commun. La mobilité douce n’est pas toujours possible ; aller de Chancy jusqu’au centre-ville à vélo, c’est à la portée de certains, mais pas de tous, même avec un vélo électrique. Si vous travaillez au Bois-de-Bay, et que vous essayez de vous rendre au travail le matin en transports publics depuis Bernex ou Châtelaine, ce n’est franchement pas évident. Quand vous terminez votre journée de travail, il suffit que vous ayez trois ou quatre minutes de retard pour rater le bus et devoir attendre une heure le suivant. Les moyens alternatifs à la voiture sont donc très théoriques dans plus d’une région du canton.

Pour maîtriser les congestions de trafic, il n’existe pas de solution-miracle, mais de multiples solutions partielles: amélioration des infrastructures de transports publics, construction de parkings-relais, promotion des plans de mobilité, densification de l'habitat, bouclement de la ceinture autoroutière, etc. Or, la motion ne fait nulle mention de ces projets.

Enfin, parlons charge fiscale. Un impôt de plus alourdirait les charges des entreprises. Au moment où les Vaudois viennent d’annoncer la prochaine baisse de la fiscalité des entreprises, ce serait un signal particulièrement négatif pour l’économie genevoise. Les sociétés doivent-elles contribuer, par des impôts affectés, au financement des transports au motif que la mobilité fait partie des conditions cadre importantes pour qu'elles prospèrent ? La question peut être posée, mais elle doit s'inscrire dans une réflexion globale sur la fiscalité des entreprises. Celles-ci alimentent largement les recettes cantonales et financent par conséquent les politiques publiques, dont la politique des transports.

Commentaires

On assiste ici à la fuite en avant de la politique des Verts depuis 20 ans avec Cramer et Künzler qui a définit la ligne des hauts fonctionnaires à la tête des services. Brimer les utilisateurs des transports individuels motorisés (TIM) dans l'espoir, ma foi bien vain, de les voir rejoindre les alternatives déjà saturées et dont le réseau ne peut être étendu ad infinitam.
Je suis sidéré par un tel aveuglement de la part du parti qui se dit visionnaire. Les Verts sont progressistes et pourtant ils s'accrochent à des recettes qui ont fait leur preuves de leur inefficacité. Car en installant des barrières artificielles, que ce soient des ilots aux arrêts de bus, des sens interdits, des parkings en épis ou des sites propres pour les TP, le blocage est total et le réseau des TPG est pris dans le piège tendu par ceux qui voudraient imposer leur vision d'un monde idéal.
On assiste ébahis et désespérés à une tentative des écolos de survivre politiquement au jour où toutes leurs thèses ont été reprises en coeur par toutes les autres formations. Le MCG tente juste de se faire un peu plus voir dans ce concert unanime de la préoccupation environnementale devenue dorénavant un argument incontournable dans le processus électoral.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/11/2017

Pour continuer d'entretenir tous les mafieux/toxicos/dealers et autres il faut encore plus d'argent au gouvernement!

Écrit par : dominique degoumois | 23/11/2017

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