27/03/2014

Le Gothard avance et nous, et nous? *

L’article paru le 14 mars dans la Tribune de Genève au sujet du deuxième tube routier du Gothard évoque des «doutes romands».

Il importe de ne pas imaginer des dissensions là où il n’y en a pas, mais de se rappeler qu’en matière d’infrastructures routières prioritaires, il s’agit bien de «et/et» et non de «ou bien/ou bien».

A la fin de 2012, plusieurs associations (dont la CCIG), représentantes de la Métropole lémanique et du Tessin, ont constitué une alliance pour joindre leurs efforts en faveur d’une politique fédérale des transports cohérente et orientée sur le long terme (cf. texte intégral sur «www.alliance-rail-route.ch» ) .

L’alliance veut tout autant éviter l’isolement routier du Tessin pendant l’assainissement du tunnel du Gothard que résoudre les graves problèmes d’embouteillages sur l’autoroute A1 entre Lausanne et Genève.

A ce titre, les signataires ont relevé que le grand contournement de Morges ainsi que l’élargissement de la grande ceinture autoroutière de Genève, entre Nyon et la frontière française, couplé à terme avec la traversée du lac sont indispensables.

Ils ont aussi reconnu la nécessité de percer un deuxième tunnel routier unidirectionnel au Gothard et y sont favorables, pour autant que cet ouvrage n’entre pas en collision avec les projets autoroutiers lémaniques.

Le projet du Gothard avance. Par contre, d’importants projets autoroutiers lémaniques s’ensablent: le contournement de Morges ne figure pas dans le projet de fonds routier mis en consultation tout récemment, la traversée autoroutière du lac encore moins. Le Parlement fédéral n’a même pas donné suite à l’initiative déposée par le Canton de Genève qui invitait l’Assemblée fédérale à inscrire la réalisation de la traversée du lac dans la prochaine révision de l’arrêté fédéral sur le réseau des routes nationales, refusant de donner le signal politique attendu dans notre canton.

En résumé, Genevois, Vaudois et Tessinois se sont engagés à un soutien réciproque de leurs infrastructures de transport. A ce stade, des deux côtés de la Versoix, certains s’interrogent sur la fermeté du soutien tessinois à nos infrastructures.

La CCIG n’a pas encore décidé si elle considérait dénoncer l’alliance de 2012, tout comme elle n’a pas encore pris position sur le projet de fonds devant assurer le financement de la route (Forta). Ce qui est certain, c’est que si la nécessité d’accélérer la mise à niveau des infrastructures lémaniques n’est pas mieux (et vite) reconnue par la Confédération, il ne sera pas aisé de convaincre Genevois et Vaudois de s’enthousiasmer pour le deuxième tube du Gothard.

*Article paru le 26 mars dans la Tribune de Genève, rubrique "L'invité"

13/03/2014

Financement de la route : la partie s’annonce serrée

 Financement+sp%C3%A9cial+de+la+circulation+routi%C3%A8re+et+fonds+pour+les+routes+nationales+et+le+trafic+d%E2%80%99agglom%C3%A9ration+%28FORTA%29.pngLes infrastructures de transport de l’arc lémanique souffrent d’un retard accumulé depuis des décennies, retard qui ne saurait être toléré plus longtemps.

Le Conseil fédéral a mis en consultation la création du « fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération » (FORTA), ainsi qu’un programme de développement des routes nationales (PRODES), comprenant les travaux d’extension financés d’ici 2030 ou 2040. Ce projet est supposé être le pendant routier du « FAIF » ferroviaire plébiscité en votation le 9 février dernier. La Confédération aurait-elle enfin compris l’urgence de mettre sur pied un mode de financement de la route répondant aux aspirations des usagers ?

A ce stade, il est permis d’en douter. Il est ainsi question d’augmenter la surtaxe sur l’essence alors que les taxes routières continuent à financer le rail. La pilule serait moins amère à avaler si les infrastructures y trouvaient leur compte via le PRODES. Mais la déception prédomine. Sous prétexte du rejet du renchérissement de la vignette autoroutière, le Conseil fédéral supprime les projets de contournement de Morges et d’autoroute du Glattal à Zurich. C’est une erreur politique. D’autant que le projet de second tube au Saint-Gothard, axe nettement moins sous pression, est lui maintenu au titre de l’entretien du réseau existant. En définitive, alors que les besoins sont urgents, le PRODES ne prévoit quasiment pas de nouvelles infrastructures pour Genève et l’arc lémanique par rapport à ce qui a déjà été décidé… Aucune trace non plus de la Traversée du lac. 

Si les besoins de l’arc lémanique ne sont pas pris en compte à l’issue de la procédure de consultation, il ne sera pas aisé d’obtenir des Genevois et des Vaudois qu’ils soutiennent avec enthousiasme le projet de deuxième tube au Saint-Gothard; de même, il sera entrepris une forte pesée d’intérêts avant de songer à accepter une hausse du prix de l’essence. N’oublions pas, non plus, que près de 115'000 signatures viennent d’être déposées en faveur de l’initiative dite « vache à lait » qui exige que les impôts et redevances versés à l'Etat par les usagers de la route profitent effectivement à la route. C’est dire si la partie s’annonce serrée.

17:45 Publié dans Circulation, Economie, Politique suisse | Tags : financement, routes nationales, autoroutes, gothard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |