28/11/2013

Les leçons à tirer du non à la vignette

Le message que les électeurs ont envoyé dimanche 24 novembre à la Confédération en refusant la hausse de la vignette autoroutière est clair : il n’est pas possible de demander toujours plus de moyens aux citoyens en général, aux automobilistes en particulier, sans indiquer clairement en quoi ils y gagneraient. La CCIG, comme les principales associations économiques lémaniques, avait recommandé le oui par cohérence : les besoins de l’Arc lémanique en matière d’infrastructures autoroutières étant considérables, il paraissait dès lors difficile de réclamer des aménagements majeurs pour la région sans soutenir le relèvement du prix de la vignette.

Les cantons de Vaud et Genève, qui constituent le 2e pôle économique de Suisse, auraient bénéficié indirectement de la hausse de la vignette car celle-ci conditionnait l’intégration du projet de contournement nord de Morges dans le réseau des routes nationales et, par la suite, des projets d’élargissement sur l’axe Nyon – Douane de Bardonnex. Avec, à terme, aussi, l’intégration de la Traversée du lac dans le réseau des routes nationales.

Il est vraisemblable que le manque de transparence qui entoure le financement des infrastructures de transport et le subventionnement avéré du rail par le biais des taxes routières a également influé négativement sur le résultat. Malgré le refus de la hausse de la vignette, il n’en demeure pas moins que les infrastructures de transports nécessaires à l’Arc lémanique devront être réalisées et qu’un financement devra être trouvé. Le Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA), qui sera mis en consultation d’ici la fin de l’année, devrait permettre de débroussailler enfin le financement de la route. Souhaitons que les besoins de l’Arc lémanique soient pris en considération dans ce nouveau projet.

09:29 Publié dans Circulation, Politique suisse | Tags : infrastructures routières, vignette autoroute | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Oui Madame, mais passer d'un coup de 40 à 100 francs! Franchement comme cohérence, on peut faire mieux.

Écrit par : jacques joray | 28/11/2013

Cher Monsieur,
Merci pour votre commentaire. La CCIG a soutenu la hausse du prix de la vignette par souci de cohérence, car il nous paraissait difficile de réclamer les aménagements autoroutiers dont notre région a besoin sans soutenir une hausse de recettes (réclamer un désenchevêtrement intégral du financement du rail par la route et une affectation intégrale de l’argent de la route à la route étant un combat perdu d’avance faute de soutien politique) . Il ne s’agit pas ici de refaire la campagne du oui ou du non ; quelques précisions me semblent néanmoins utiles.
Le relèvement du prix de la vignette serait intervenu quand les réserves de la caisse routière seraient tombées sous le seuil du milliard de francs. Selon les estimations actuelles, 2016 paraissait une date probable. Le Parlement voulait ainsi s'assurer qu'aucune réserve ne serait constituée avec les fonds issus de la vignette.
Le non étant sorti des urnes, les cantons resteront responsables de l'exploitation, de l'entretien et de l'aménagement des 400 kilomètres de tronçons qui étaient concernés ainsi que des projets de contournement. Le transfert à la Confédération n'aura pas lieu. Le problème des goulets d'étranglement sur les autoroutes existantes, dans les régions de Morges/Lausanne et du Glatttal zurichois connaitra au mieux de sérieux délais supplémentaires, au pire ne sera tout simplement pas résolu. En effet, en l’état leur élimination nécessitait l'adaptation de l'arrêté sur le réseau, adaptation que le Conseil fédéral ne pourra pas mettre en vigueur du fait du rejet du relèvement du prix de la vignette car les deux projets étaient juridiquement liés.
En ce qui concerne le canton de Genève, il n’aurait remis aucun tronçon à la Confédération, mais grâce au nouvel arrêté sur le réseau, il aurait bénéficié de liaisons plus rapides et plus fiables avec des régions importantes. Sur le plan financier, le canton aurait tiré parti de l'augmentation de la contribution tirée des recettes nettes provenant du relèvement du prix de la vignette, à hauteur de 0,67 million de francs par an. Suite à la diminution du réseau des routes principales dans les autres cantons, environ 0,26 million s'y serait ajouté tous les ans au titre d'incidences sur les contributions au financement de mesures autres que techniques. Au bout du compte, les finances cantonales genevoises auraient ainsi profité d'un supplément de recettes annuelles de 0,93 million de francs (calcul basé sur les contributions 2010, Source: http://www.uvek.admin.ch/themen/03527/03536/03603/03628/index.html?lang=fr).
En définitive, il est clair que le relèvement du prix de la vignette n’était pas la solution la plus optimale du point de vue de l’économie. Mais l’urgence de certains projets et l’absence réelle d’alternative de financement, faute de majorités politiques, ont poussé la CCIG à recommander le oui, même s’il s’agissait d’un « petit » oui.

Écrit par : Nathalie Hardyn | 03/12/2013

Les commentaires sont fermés.