28/08/2013

Construire un pont qui ne sert à rien n’est pas très intelligent

pont wilsdorf,tram,embouteillagesÀ lire le nombre de commentaires publiés sur le site de la Tribune de Genève à la suite de la présentation par le TCS de trois « remèdes mobilité » pour améliorer la circulation entre la Jonction et les Acacias, il est clair que Genève est sorti de sa léthargie estivale pour se replonger dans un de ses sujets de prédilection : les embouteillages.

La section genevoise du TCS propose de rétablir la circulation dans les deux sens sur la rue de l’Ecole-de-Médecine et de supprimer le bus 27 au profit d’une prolongation du tram 18 jusque Carouge, exprimant là son soutien à la pétition des habitants du quartier adoptée par le Grand Conseil fin juin et dont on attend une réponse de la part du Conseil d’Etat.

Enfin, le TCS annonce qu’il soutient la Direction générale de la mobilité dans sa volonté de réaménager la route des Acacias, un projet qui date déjà de quelques années et qui, aux dernières nouvelles, était bloqué par la Ville de Genève alors qu’il avait fait consensus dans les milieux associatifs de tous bords.

Le Groupement Transports et Economie (GTE), que je préside, n’a pas pris position au sujet du « tram de Carouge » et de la ligne 27 mais il soutient lui aussi le réaménagement de la route des Acacias et le rétablissement du double sens après le Pont Wilsdorf.

Le quartier des Acacias et celui de la Jonction comptent en effet nombre de commerces et d’entreprises dont l’accessibilité et les activités sont entravées depuis des mois. Détours invraisemblables pour les chauffeurs-livreurs, accumulation de retards pour les services de dépannage, les témoignages sont nombreux. À la clé, ce sont des pertes de temps (et donc des pertes financières) pour ces entreprises et des employés stressés. À ce jeu, les perdants semblent bien plus nombreux que les gagnants !

Auditionné par la Commission des pétitions, le Président du conseil de la Fondation Hans-Wilsdorf déclarait « Construire un pont qui ne sert à rien n’est pas très intelligent. (…) ce pont n’honore pas son objectif et nuit aux habitants et aux commerçants. (…) l’objectif de la fondation n’était pas de créer des embouteillages dans ce quartier. » Qu’ajouter de plus à pareille déclaration frappée au coin du bon sens ? Si ce n’est : que les choses changent, et vite !

 

23:18 Publié dans Circulation, Politique genevoise | Tags : pont wilsdorf, tram, embouteillages | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

18/08/2013

Ni Madelon ni Gilberte de Courgenay

images.jpgL’uniforme militaire n’a jamais déclenché d’euphorie particulière chez moi. Je ne suis pas non plus spécialement convaincue que le service militaire obligatoire est l’alpha et l’oméga de la cohésion nationale ou la panacée pour former les cadres de l’économie. Ce serait au demeurant dénier aux femmes de Suisse la capacité de se sentir patriotes et la compétence d’être d’excellentes cadres dans les entreprises. Ce ne sont par conséquent pas ces motifs - mais d'autres - qui me feront refuser l’initiative demandant l’abrogation du service militaire obligatoire le 22 septembre prochain.

Comme son nom l’indique, le Groupe pour une Suisse sans armée, auteur de l’initiative, a pour but la suppression de l’armée. Son initiative est une étape vers cet objectif ultime. Le procédé est « cousu de fil blanc ». Imaginer une armée de milice basée uniquement sur le volontariat est une vue de l’esprit. En cas de suppression du service obligatoire, la sécurité de la population dépendrait du nombre de volontaires qui se seraient annoncés. C’est une illusion de croire que l’on en trouverait suffisamment en cas de crise ou de conflit armé.

Depuis la fin de la guerre froide, 23 Etats européens ont suspendu l’obligation de servir et ont remplacé leur armée de conscription par une armée professionnelle, avec souvent des difficultés de recrutement … d’où des spots publicitaires rappelant parfois le jeu vidéo « Call of duty » ( Grande-Bretagne,  Espagne ou France). Aucun pays n’a organisé ses forces armées exclusivement sur une base volontaire, pas même la Suède, pays pourtant neutre.

On peut vouloir s’interroger sur la mission de l’armée, voire sur l’instauration pour tous d’une obligation de servir la communauté. Mais l’initiative met la charrue avant les bœufs : en demandant la suppression du service militaire obligatoire, elle ne ferait qu’affaiblir la sécurité de la Suisse alors qu’elle élude les questions de fond liées à la mission de l’armée.

17:48 Publié dans Politique suisse | Tags : votation fédérale, défense, gssa | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

09/08/2013

Je défends les entreprises et j’assume

PLR, Grand ConseilIl a suffi de poster sur Facebook une affichette montrant le visage de cinq candidats PLR (dont l’auteur de ces lignes) sous le slogan « Dédiés à l’économie » pour s’attirer les foudres (c’est la saison en même temps !) d’une candidate de la gauche dure clamant que « le libéralisme n’a pas le monopole du mot économie », paraphrasant – de manière cocasse, mais un peu « datée»– un ancien président de la République française … de droite.

 

Et la candidate de poursuivre : on va voir ce qu’on va voir, l’extrême-gauche va revenir au Grand Conseil le 6 octobre et il en sera fini de ceux qui sont au service de « la voracité de quelques requins », des « gros actionnaires des grosses sociétés » et des « sociétés de trading qui (…) sont des grosses vilaines antipathiques qui puent du bec » (sic). Tant de clichés en si peu de lignes !

 

Quelques précisions s’imposent donc.

 

Défendre l’économie, c’est naturellement défendre les quelque 300 grandes entreprises qui assurent plus de 79'500 emplois à Genève mais c’est aussi - et surtout défendre - les 20'958 PME qui représentent 98,6% des entreprises à Genève et qui fournissent près de 150'000 emplois (OCSTAT,chiffres de 2008). C’est défendre les branches qui sont les plus gros contribuables du canton (services financiers, commerce de gros, horlogerie), mais aussi le commerce de détail, par exemple.

 

Défendre l’économie, c’est défendre l’économie locale, l’économie des ressources, la diversité du tissu économique. C’est aussi s’engager pour un Etat économe et des finances publiques saines.

 

Défendre l’économie, c’est défendre les entrepreneurs qui créent des emplois et assurent, grâce à leurs impôts, le filet social dont les mailles sont bien serrées à Genève. Ce n’est pas cautionner de rares dérives, par exemple les parachutes dorés.

 

Défendre l’économie, c’est défendre toutes les entreprises de manière équilibrée, parce qu’il n’y a pas d’un côté les gentilles entreprises sociales et solidaires, la jolie économie verte et de l’autre les gros vilains riches et la méchante économie qui pollue.

 

Défendre l’économie, c’est enfin défendre les contribuables, qui paient beaucoup d’impôts pour permettre à 30% des citoyens de ne pas en payer du tout.

10:20 Publié dans Economie, Genève, Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |